
Jean Leloup fait une rare apparition publique à Trois-Rivières pour la première de Paradis perdus
L'artiste s'est pointé à l'Amphithéâtre Cogeco
Jean Leloup a surpris bien des gens ce mercredi 15 juillet en se présentant à l'Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières pour la grande première de Paradis perdus, le spectacle que lui consacre le Cirque du Soleil. L'auteur-compositeur-interprète, qui se fait extrêmement discret depuis près d'une décennie, a été aperçu sur place, provoquant une vague d'enthousiasme chez les fans et les médias présents. La station Rythme 102.9, qui couvrait l'événement, n'a pas caché sa joie en partageant des images de l'artiste, soulignant que sa présence était très attendue.
Cette apparition survient au lendemain d'une entrevue exceptionnelle publiée par La Presse, dans laquelle le chanteur de 65 ans avait donné de ses nouvelles pour la première fois en très longtemps. Un échange téléphonique réalisé alors qu'il déambulait dans les rues de Québec, fidèle à son style décontracté, et qu'il avait entamé par un simple « Salut, je suis là! ». Au moment de cette conversation, il avait d'ailleurs laissé planer le doute quant à sa présence à la première du spectacle, admettant que ce genre d'événement pouvait être un peu accablant pour lui.
Avant de poursuivre votre lecture, voici les images partagées par la station de radio:
Une décennie de silence brisée par quelques confidences
Dans cette rare entrevue avec La Presse, Jean Leloup avait ouvert une fenêtre sur sa vie quotidienne, lui qui n'avait pratiquement plus été aperçu en public depuis sa série de concerts en 2015 et 2016, qui avaient suivi la sortie de l'album Paradis City. L'artiste avait révélé mener une vie calme et sobre depuis une quinzaine d'années. Son quotidien tourne autour de la composition musicale, de la guitare et des soins qu'il prodigue à sa mère vieillissante.
Ces longues années loin des projecteurs lui ont permis de s'investir dans des projets personnels qu'il repoussait depuis longtemps. Il a notamment exploré la guitare classique, s'est initié à la contrebasse et s'est plongé dans l'écriture de contes illustrés de ses propres dessins. Le fruit de ce travail? Des caisses entières de papier et une quantité considérable de musique accumulée au fil des ans. Avec l'humour qu'on lui connaît, il a toutefois reconnu ne pas avoir complètement atteint ses ambitions instrumentales, la maîtrise de ces instruments nécessitant des années de pratique intense.
Interrogé sur un éventuel retour sur scène, Leloup avait répondu avec franchise. Son véritable bonheur se trouve dans la composition et dans le simple plaisir de jouer de la guitare en toute quiétude, que ce soit sur un balcon ou au coeur de la forêt. Il avait aussi mentionné avoir été affecté par un problème d'acouphène qui avait nui à sa capacité de chanter avec justesse pendant un bon moment, bien que sa condition se soit depuis améliorée. La possibilité d'un nouvel album ou de nouveaux spectacles n'est pas totalement écartée, mais le désir ne s'est tout simplement pas encore manifesté.
Ses compositions récentes abordent des thèmes qui traversent son oeuvre depuis toujours : l'amitié, le mystère de la vie et de la mort, la solitude. Il s'interroge sur la façon de protéger ce qui est beau dans un monde de plus en plus exigeant et sur l'importance de demeurer en contact avec notre nature profonde. Malgré les réflexions plus sombres qui ont souvent habité ses chansons, il affirme être aujourd'hui davantage tourné vers la lumière et la beauté du monde.
Paradis perdus, un hommage à la hauteur de la légende
Le spectacle du Cirque du Soleil, intitulé Paradis perdus, suscite chez Leloup un mélange de nervosité et de plaisir. Il avait confié avoir apprécié les propos de la metteure en scène Marie-Ève Milot, qui décrivait un univers peuplé de marginaux. Sa curiosité était palpable, même s'il la comparait à celle d'un enfant qui regarde entre ses doigts pour ne pas tout découvrir d'un seul coup. L'équipe de création avait d'ailleurs eu carte blanche pour imaginer le spectacle. La seule demande formulée par Leloup concernait la présence d'un corbeau, en mémoire d'une corneille apprivoisée qui s'était posée sur son dos lors d'un camping durant son enfance.
Le directeur de création du spectacle, Daniel Ross, avait pour sa part indiqué la veille qu'il y avait de bonnes chances que l'artiste se montre à la première. Un pressentiment qui s'est finalement confirmé ce mercredi soir à Trois-Rivières.
Paradis perdus sera présenté du 15 juillet au 15 août à l'amphithéâtre extérieur Cogeco de Trois-Rivières. Pour les admirateurs de Jean Leloup, il s'agit d'une occasion unique de plonger dans l'univers d'un artiste qui, même après des années de silence, continue de captiver le Québec tout entier.
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