
Découvrez pourquoi les Québécois cherchent les gorilles du Gabon sur Google ce soir
Une déclaration de PSPP lors du débat des chefs a provoqué une vague de recherches sur Google
Alors que le débat des chefs 2026 animé par Patrice Roy vient tout juste de se conclure sur les ondes de Radio-Canada, un phénomène pour le moins inusité s'est emparé de la toile québécoise. Des milliers d'internautes se sont rués sur Google pour chercher une histoire improbable : celle des gorilles du Gabon financés par les automobilistes québécois. Mais qu'est-ce qui a bien pu déclencher cette frénésie?
La réponse se trouve dans une intervention du chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, durant le débat. En pleine discussion sur les finances publiques et l'environnement, PSPP a évoqué le fait que le Fonds vert du Québec avait servi à financer l'installation de panneaux solaires destinés à alimenter des clôtures électriques dans un parc à gorilles situé au Gabon, en Afrique. Une déclaration qui a visiblement piqué la curiosité d'un très grand nombre de téléspectateurs.
Sur Facebook comme sur Reddit, le sujet est rapidement devenu la discussion de l'heure. Les gorilles du Gabon ont éclipsé, l'espace d'une soirée, les cinq grands thèmes officiels du débat, soit l'avenir du Québec, l'insécurité économique, le mur budgétaire, la jeunesse et la santé.
Voyez la séquence ci-dessous avant de poursuivre votre lecture:
L'affaire des gorilles du Gabon, une histoire qui remonte à plusieurs années
L'histoire en question n'est pas nouvelle. Elle avait été révélée dès 2019 par le Journal de Québec. À l'époque, on apprenait que le Fonds vert, alimenté principalement par une taxe sur l'essence de 4 cents le litre payée par les automobilistes québécois, avait contribué au financement d'un projet d'électrification solaire dans le parc touristique Fernan-Vaz, une réserve dédiée à la préservation des grands singes africains.
Le projet, piloté par l'entreprise bas-laurentienne Audace Technologies, était évalué à environ 217 950 $. Le ministère de l'Environnement avait accordé une aide de 148 400 $ dans le cadre du Programme de coopération climatique internationale (PCCI), mais avait finalement versé 128 422 $ avant de mettre un terme au financement au printemps 2019.
Concrètement, l'entreprise avait expédié des groupes électrogènes solaires, appelés « green cubes », au parc à gorilles ainsi qu'à trois communautés avoisinantes. L'objectif était de remplacer les génératrices au diesel par de l'énergie solaire, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre. L'électricité produite servait à l'éclairage du parc, à l'alimentation des clôtures de l'enclos des gorilles, au fonctionnement des réfrigérateurs et même à la recharge de téléphones cellulaires.
Selon les données du ministère, le projet devait permettre une réduction annuelle de 22,24 tonnes équivalentes de CO2, soit l'équivalent d'environ cinq voitures retirées de la route. Toutefois, le président d'Audace Technologies, Adrian Ilinca, avait lui-même reconnu que les résultats étaient difficiles à quantifier et que les communautés locales continuaient probablement d'utiliser leurs génératrices au diesel en parallèle.
Le ministère avait finalement coupé le financement parce qu'un volet important du projet n'avait jamais été réalisé. Il était prévu que l'énergie solaire alimente aussi des pompes d'irrigation pour cultiver de la nourriture destinée aux gorilles, ce qui aurait également amélioré les revenus des agriculteurs locaux. La pompe avait bien été livrée, mais elle n'a jamais été mise en service, les résidents ayant indiqué que ce n'était pas une priorité, notamment en raison du début de la saison des pluies. Des retards de livraison s'étaient aussi accumulés, et un audit indépendant n'avait pas convaincu le ministère de poursuivre l'aventure.

Ce soir, cette histoire ressurgit donc avec force grâce à la mention de PSPP lors du débat. Les Québécois, visiblement intrigués par cette anecdote, ont transformé les gorilles du Gabon en véritable phénomène viral, prouvant une fois de plus que les débats politiques peuvent réserver des surprises bien inattendues.
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À propos de l'auteur
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