
Cette rareté est devenue une force
Depuis la diffusion flamboyante de l’édition 2025 de La Fureur, une foule de téléspectateurs ont ravivé un vieux rêve : revoir l’émission revenir chaque semaine, comme autrefois, quand les vendredis soir appartenaient presque entièrement à ce rendez-vous musical.
Curieux de comprendre pourquoi cette idée ne renaîtrait pas, plusieurs ont prêté l’oreille à Véronique Cloutier lors de son passage à On va se le dire. Et l’animatrice a offert une réponse claire, nuancée… et un brin nostalgique elle aussi.
Pour Véro, relancer La Fureur en format hebdomadaire n’aurait plus de sens dans le contexte actuel. Elle explique que le public de 2025 n’a plus cette base commune de références culturelles qui cimentait l’émission à ses débuts.
Aujourd’hui, chacun écoute sa musique dans sa bulle, entre algorithmes, plateformes, playlists personnalisées et tendances ultra-éparpillées. Il n’y a plus ce “répertoire partagé” qui permettait à tout le monde de se reconnaître dans les mêmes chansons.

Elle donne en exemple les palmarès et les nominations qui, d’année en année, semblent de plus en plus éclatés : rares sont ceux qui connaissent les mêmes artistes ou les mêmes titres. Comment faire jouer un combat musical quand les participants n’ont plus le même terrain de jeu?
C’est précisément pour cette raison qu’un épisode par année est devenu le format idéal. La Fureur s’est transformée en un événement spécial, presque cérémonial, qu’on sort une fois par an comme on ressort un trésor précieux pour le partager avec tout le monde.
Cette rareté est devenue une force : ce n’est plus un rendez-vous hebdomadaire, mais un moment qui prend tout son sens dans la nostalgie, dans les souvenirs musicaux communs et dans l’énergie unique qu’on associe à “la grande époque”.
Et malgré les années qui s’empilent, Véronique avoue qu’à chaque fois qu’elle met le pied en studio, elle retrouve la jeune femme de 23 ans qui vivait intensément chaque direct. Elle dit ressentir la même frénésie, la même complicité avec le public, la même folie contrôlée qui donne à La Fureur son caractère si particulier.
La télé a beau avoir changé du tout au tout, l’émotion elle, reste intacte. Même le public en studio semble animé de la même fébrilité qu’avant : dès que la date devient publique, les demandes affluent. Tout le monde veut assister au tournage. Tout le monde veut participer. Pour certains, décrocher un siège dans la salle tient presque du miracle.

Cette magie, explique Véro, repose aussi sur quelque chose de très simple : les repères qu’offrait l’émission. La fameuse rivalité Filles contre Garçons, le plaisir d’écouter de la musique en famille, les rituels de salon, pyjamas, bonbons, soirée collée devant la télé, tout cela évoque un temps où les familles consommaient la culture ensemble. Revoir La Fureur une fois par année, c’est comme replonger avec tendresse dans ce sentiment commun de légèreté. Et pour beaucoup, c’est terriblement réconfortant.
Comme l’an dernier, un autre sujet a alimenté les discussions : l’absence de Sébastien Benoît sur la ligne de départ des Garçons. Lui qui a été associé si longtemps à l’émission n’était pas de retour pour jouer cette fois. Aucune justification n’a été annoncée officiellement, mais il est facile de comprendre entre les lignes : Sébastien est aujourd’hui l’une des figures importantes de TVA, avec deux immenses succès à animer. Une présence dans une émission d’un réseau concurrent n’est sans doute pas simple à négocier.
Malgré cette absence remarquée, l’édition 2025 a été un franc succès… et les Filles ont littéralement dominé la compétition, s’imposant sans équivoque.

Une chose est sûre : La Fureur n’a peut-être plus sa place dans une grille hebdomadaire, mais elle occupe encore un espace privilégié dans le cœur du public. Un espace où la mémoire, la musique et les fous rires se rencontrent encore, le temps d’une soirée unique qui rappelle à tout le monde pourquoi cette émission a tant marqué le Québec.
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