Martin Matte
Une immersion totale dans le Québec de 1995

On a regardé Vitrerie Joyal, la nouvelle série de Martin Matte et voici ce qu'on en pense franchement

Une immersion totale dans le Québec de 1995

Samuel Doiron

Samuel Doiron

Depuis son arrivée sur la plateforme Amazon Prime Video vendredi dernier, Vitrerie Joyal ne cesse de faire couler de l'encre. Si l'on s'attendait à retrouver le Martin Matte pince-sans-rire auquel nous sommes habitués, le public a été cueilli par une charge émotionnelle d'une rare intensité.

Chez Monde de Stars, l'écoute s'est faite d'un trait, et le verdict est sans appel : nous tenons probablement ici l'œuvre la plus achevée de la télévision québécoise pour l'année 2026. On n'a qu'un seul mot pour décrire la série: perfection!

Une immersion totale dans le Québec de 1995

Le premier choc est visuel. Sous la direction de Guillaume Lonergan, dont le talent explose littéralement cette année après le succès d' Empathie, la série bénéficie de moyens financiers colossaux pour une production d'ici. Le résultat est une reconstitution historique d'une précision maniaque. Des murs jaunis par la nicotine dans les fumoirs d'époque aux références nostalgiques des magasins Steinberg, rien n'a été laissé au hasard.

Martin Matte
Vitrerie Joyal - Capture d'écran

L'action se déroule en 1995, l'année du référendum, et l'ambiance est restituée avec une fidélité qui fait parfois grincer des dents. Martin Matte et son fidèle complice François Avard n'ont pas cherché à polir le passé. Les dialogues reflètent la rudesse et les préjugés d'il y a trente ans, offrant un miroir parfois inconfortable sur une époque de transition. C'est brut, c'est vrai, et c'est ce qui rend l'immersion aussi percutante.

Un hommage complexe à la figure paternelle

Au cœur de cette vitrerie se trouve le personnage du père, interprété par Martin Matte lui-même. Inspiré directement de son histoire familiale, ce projet est bien plus qu'une simple comédie : c'est un hommage doux-amer à un homme d'affaires réfractaire au progrès, figé dans ses certitudes. Martin Matte livre une performance magistrale en campant cet homme qui voit son monde s'effriter et qui, acculé au pied du mur, doit apprendre l'impensable : évoluer.

Martin Matte
Vitrerie Joyal - Capture d'écran

L'intrigue ne fait pas l'économie des moments sombres de la vie de l'humoriste, notamment l'accident tragique qui a causé un traumatisme crânien à son frère, ou ses propres débuts hésitants à l'École nationale de l'humour. On navigue constamment entre l'humour grinçant, rappelant l'esprit des Beaux malaises, et une lourdeur dramatique qui serre la gorge.

Un jeu d'acteurs d'une justesse absolue

Le casting est l'une des plus grandes forces de la série. Pier-Luc Funk, qui incarne Philippe (l'alter ego de Martin), et Pierre-Yves Roy-Desmarais, dans le rôle du frère, ont évité le piège de l'imitation. Ils habitent leurs personnages avec une authenticité désarmante. Leur complicité à l'écran apporte une légèreté nécessaire, même si le ton bascule souvent vers le drame pur.

Pier-Luc Funk
Vitrerie Joyal - Capture d'écran

Mention spéciale à Guillaume Cyr qui est absolument hilarant et pathétique dans le rôle d'un vendeur pour qui l'art de la persuasion est un concept totalement étranger.

Aussi, le personnage de la mère, interprété avec une finesse exemplaire par Marylise Bourke. Elle représente le pilier émotionnel de cette famille en pleine tourmente.

MArylise Bourke
Vitrerie Joyal - Capture d'écran
Guillaume Cyr
Vitrerie Joyal - Capture d'écran

Plus qu'une comédie, un chef-d'œuvre dramatique

Il serait réducteur de classer Vitrerie Joyal dans la catégorie des séries humoristiques. Si l'on rit de bon cœur par moments, c'est avant tout une série dramatique sur la filiation, la perte et la résilience. Martin Matte a réussi le pari de sortir de sa zone de confort pour proposer un projet profondément personnel et mature.

La qualité de la cinématographie, soutenue par une trame sonore qui nous replonge instantanément dans les années 90, prouve que le Québec n'a rien à envier aux grandes productions internationales. On ressort de ces six épisodes avec un sentiment de fierté pour notre télévision nationale. Vitrerie Joyal n'est pas seulement une série que l'on regarde ; c'est une œuvre qui nous habite longtemps après le générique de fin.

Si vous n'avez pas encore succombé, préparez-vous à être bousculés. Martin Matte vient de prouver qu'il est capable d'aller bien au-delà du rire pour toucher à l'essentiel de l'expérience humaine.

Verdict : une réussite totale.

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À propos de l'auteur

Samuel Doiron
Samuel Doiron

Rédacteur

Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.

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Source: Prime video
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