La série District 31 dans l'embarras après une scène qui ne passe pas

Des propos très durs

Publié le par Monde de Stars dans Télé
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La question du sida a été mise à l'avant-plan, au cours des derniers épisodes de la populaire série policière District 31, alors qu'une des nouvelles intrigues montre une femme qui était au courant qu'elle était séropositive mais qui a tout de même des relations sexuelles non protégées sans avertir ses partenaires. Si l'enjeu semble pertinent d'un point de vue légal, un organisme de lutte contre le sida reproche à l'émission de faire retourner le débat 20 ans en arrière.

Il s'agit de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le VIH/sida (COCQ-SIDA) qui a publié un long message sur sa page Facebook pour exprimer son mécontentement.

Voici ce que le COCQ-Sida a publié, mardi, sur sa page Facebook officielle:

«La COCQ-SIDA est extrêmement déçue du traitement alloué à la question du VIH/sida dans la télésérie District 31, diffusée du lundi au jeudi sur les ondes de Radio-Canada et produite par Aetios Productions, et demande qu’un avis rectifiant les faits soit publié le plus tôt possible.

Bien qu’habituellement, nous nous réjouissions que des enjeux entourant le #VIH soient abordés aux heures de grande écoute par des émissions aussi populaires que #District31, encore faut-il que ces enjeux soient traités de manière conforme à la réalité et de façon à ne pas nourrir la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH.

Or, dans les épisodes du jeudi 6 décembre et du lundi 10 décembre derniers, District 31 a propagé de l’information préjudiciable et erronée sur trois enjeux de la lutte contre le VIH: la #criminalisation de la non-divulgation, le secret professionnel et la #stigmatisation des personnes vivant avec le VIH.

D’abord, tous les passages traitant de la criminalisation de la non-divulgation de la séropositivité au VIH ont véhiculé de fausses informations quant à l’état du droit au Canada.

La Cour suprême est claire: ce ne sont pas toutes les relations sexuelles sans divulgation préalable du statut sérologique qui sont criminelles. Pourtant, c’est ce qui est mentionné – voire martelé – dans ces épisodes. Nous estimons que de généraliser sur un tel sujet, en faisant dire aux personnages – et ainsi, en faisant croire aux auditeurs – que toute non-divulgation est criminelle, constitue un grave manque de rigueur.

Par ailleurs, la Cour suprême n’a jamais confirmé l’obligation d’un professionnel de la santé à lever le secret professionnel, tel que présenté dans l’épisode de lundi soir.

Finalement, nous ne pouvons passer sous silence la manière dont les deux épisodes représentent les personnes vivant avec le VIH. On y mentionne qu’elles sont une menace pour la "sécurité publique", un danger pour la santé publique. Le personnage d’Isabelle Roy, joué par Hélène Bourgeois-Leclerc, compare même la personne vivant avec le VIH à un tueur en série.

Ce passage nous a donné l’impression de retourner vingt ans en arrière, à une époque où nos connaissances sur l’épidémie du VIH et les comportements des personnes séropositives n’étaient que spéculations. Il y a cependant belle lurette que la science a démontré que les personnes avec un diagnostic positif au VIH savent mettre en place des mesures pour protéger leur(s) partenaire(s), notamment le port du condom.

À notre avis, toute cette intrigue sensationnaliste ne contribue en rien à améliorer la perception des personnes vivant avec le VIH auprès du grand public. Vivement que Aetios Production s’empresse de corriger le tir.

Quant à notre diffuseur public, il peut et doit faire mieux.»

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Source: Facebook
Crédit Photo: Facebook