
C’est un rôle à la fois délicat et percutant
Jocelyne Cazin n’a jamais été du genre à attendre que les occasions tombent du ciel. L’ancienne journaliste d’enquête, connue pour sa détermination et son franc-parler, a une fois de plus prouvé qu’il n’est jamais trop tard pour se réinventer.
Au printemps dernier, sur un simple coup de tête, elle s’est réveillée avec une envie bien précise : celle de se lancer dans le jeu d’acteur. Une semaine plus tard, grâce à sa ténacité et à son vaste réseau, elle obtenait son tout premier contrat en tant que comédienne et pas dans n’importe quelle production : la populaire série “Indéfendable”, l’une des plus suivies au Québec.
À 74 ans, Jocelyne Cazin a décroché le rôle de Suzanne Dufresne, une femme âgée souffrant de troubles neurologiques et victime de maltraitance dans sa résidence. Son personnage vit une véritable descente aux enfers, sous les yeux de sa fille Chloé, interprétée par Roxane Gaudette-Loiseau.

C’est un rôle à la fois délicat et percutant, qui met en lumière une réalité trop souvent passée sous silence : la violence envers les aînés. Sur le plateau, on l’a transformée physiquement pour accentuer le réalisme cheveux alourdis par le gras, ecchymoses sur les bras, une métamorphose qui a frappé les téléspectateurs.
Comme le rapporte le magazine 7 Jours dans une récente entrevue, pour Jocelyne Cazin, cette expérience a été un véritable souffle de liberté. Après des décennies à naviguer dans le monde exigeant du journalisme, notamment à la tête de l’émission J.E. aux côtés du regretté Gaétan Girouard, elle a découvert une nouvelle forme d’expression, sans pression ni compétition.
« Jouer, c’est un pur plaisir », confie-t-elle. « J’ai passé ma vie à chercher la vérité dans mes reportages, et là, je peux la transmettre autrement, à travers un personnage. »

L’ancienne journaliste espère que cette première expérience ne sera pas la dernière. Avec humour, elle a lancé qu’elle serait prête à tout annuler, même ses voyages en Turquie et en Égypte si on lui offrait un premier rôle.
Elle rêve d’ailleurs de rejoindre la distribution d’Alertes, imaginant incarner une ancienne détective que l’on rappelle pour résoudre un vieux mystère. Une idée qui, connaissant son tempérament, pourrait bien devenir réalité.
Jocelyne Cazin cite souvent en exemple la comédienne Carmen Sylvestre, dont la carrière a pris son envol sur le tard. Pour elle, cette transition vers le jeu n’est pas un hasard, mais une suite naturelle : « J’ai toujours été de toutes les batailles, mais aujourd’hui, je choisis celles qui me rendent heureuse. »
Une chose est certaine : ce rôle marque une nouvelle étape dans la carrière d’une femme qui n’a jamais cessé d’avancer. Et si elle en rit en disant qu’il s’agit d’un « troisième rôle où elle ne fait que gémir », son interprétation a déjà conquis le public.
Pour Jocelyne Cazin, le message est clair : peu importe l’âge ou le parcours, il n’est jamais trop tard pour vivre de nouvelles passions, ni pour briller sous les projecteurs.
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