
Une pilule difficile à avaler
La saison télévisuelle qui s’achève laisse un goût amer aux diffuseurs québécois, alors que les rapports de performance tombent les uns après les autres.
Si l’érosion des auditoires est devenue une réalité généralisée, certains échecs frappent plus fort que d'autres. C'est le cas de la méga-production « Indomptables », qui devait être le fer de lance de la programmation hivernale de TVA, mais qui s'avère finalement être un rendez-vous manqué avec le public cible.
Selon le dernier bilan de l’agence Cossette Média, la situation est particulièrement préoccupante pour cette nouveauté. Dans le milieu publicitaire, on ne scrute pas seulement le nombre total de téléspectateurs, mais surtout la tranche des 25-54 ans, celle qui dicte la valeur des pauses commerciales. Or, « Indomptables » a lourdement chuté, n'atteignant qu'un maigre 58 % des objectifs de visibilité promis initialement aux partenaires commerciaux.

Isabelle Fournier, experte en investissement média, souligne que de tels écarts sont catastrophiques. Une légère baisse peut être absorbée, mais lorsqu'une émission perd autant de sa force de frappe, les conséquences financières sont immédiates : le diffuseur perd son pouvoir de négociation et devra réduire ses tarifs publicitaires pour l'année à venir.
Ce qui rend la pilule encore plus difficile à avaler pour TVA, c'est l'immense campagne de promotion qui avait entouré le lancement de cette saga familiale à saveur country.
Le réseau avait multiplié les efforts de communication auprès des agences pour susciter l'intérêt, vendant le projet comme l'événement incontournable de 2026. Pour les entreprises qui ont investi des sommes importantes en croyant au succès de cette série, la déception est à la hauteur de l'attente générée.
Si la série a déjà été confirmée pour la grille d'automne, son avenir à plus long terme semble désormais incertain. Le diffuseur devra impérativement redresser la barre pour éviter que cette production coûteuse ne devienne un boulet financier.

Le malaise ne s'arrête pas à la fiction. Même les piliers de la télévision de divertissement montrent des signes d'essoufflement inquiétants :
La Voix (TVA) : Malgré sa longévité, le concours de chant subit une chute brutale de 32 % de son auditoire chez les 25-54 ans comparativement à sa mouture de 2024. Même par rapport à Star Académie, le recul est significatif. On commence sérieusement à se demander si les téléspectateurs ne sont pas saturés par le concept.

Zénith (Radio-Canada) : Du côté du diffuseur public, le constat n'est guère plus reluisant. L'émission pilotée par Véronique Cloutier a vu son bassin de jeunes adultes fondre de 30 % en un an. Malgré ces chiffres décevants pour les annonceurs, la production a tout de même obtenu le feu vert pour une cinquième saison.
Au final, à l'exception notable des matchs de hockey qui continuent de mobiliser les foules en direct, la télévision traditionnelle fait face à un défi colossal. Entre l'évolution des habitudes numériques et un possible désintérêt pour les formules de variétés classiques, les réseaux québécois devront faire preuve de beaucoup d'audace pour reconquérir un public qui semble de plus en plus difficile à captiver.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.
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