
Il y a 10 ans était diffusé le premier épisode de «District 31»
Retour sur ce phénomène télévisuel marquant du Québec
Une décennie entière s'est écoulée depuis le tout premier rendez-vous entre le public québécois et l'univers captivant de District 31. C'est le 12 septembre 2016 que cette fiction policière quotidienne a fait son entrée sur les ondes d'ICI Radio-Canada Télé, pour rapidement devenir un véritable phénomène de société qui a marqué au fer rouge l'histoire de notre télévision.
À l'occasion de cet anniversaire symbolique, la page « Les archives de Radio-Canada » a partagé un extrait vidéo empreint de nostalgie, nous replongeant dans les coulisses du lancement de cette production d'envergure qui aura totalisé 716 épisodes de 22 minutes jusqu'à son tirage de rideau au printemps 2022.
À l'origine, le concept imaginé par l'auteur reposait sur un changement stratégique important au sein du Service de Police du Grand Montréal : afin de rapprocher les forces de l'ordre des citoyens, les enquêteurs quittaient le quartier général pour s'installer directement dans 36 postes de quartier. L'intrigue principale s'articulait autour du duo formé par la sergente-détective Nadine Legrand (interprétée par Magalie Lépine-Blondeau) et son collègue Patrick Bissonnette (campé par Vincent-Guillaume Otis), deux spécialistes des homicides mutés au District 31.
Autour d'eux gravitait une distribution exceptionnelle qui s'est enrichie au fil du temps, réunissant notamment Gildor Roy, Patrick Labbé, Cynthia Wu-Maheux, Sébastien Delorme, Michel Charette, Hélène Bourgeois Leclerc, Catherine St-Laurent, Catherine Proulx-Lemay et Luc Picard.

Le portrait d'un quotidien brut et démystifié
L'une des plus grandes forces de la série résidait dans sa volonté ferme de démystifier le travail policier en s'éloignant des stéréotypes hollywoodiens hyper-spectaculaires. L'équipe du District 31 devait composer au quotidien avec la dure réalité du terrain : des affaires poignantes de violence conjugale, des drames familiaux déchirants, des enquêtes complexes sur le crime organisé et le trafic de stupéfiants, mais aussi des vols d'apparence plus banale et des enlèvements dramatiques.

La série n'hésitait pas à exposer le côté nettement moins « glamour » de la profession. Les téléspectateurs découvraient la lourdeur des procédures, les impasses frustrantes, les dossiers qui s'étirent sur de longues semaines, ainsi que le découragement et l'épuisement qui guettent les enquêteurs face à des journées qui ne se déroulent jamais comme prévu.
Pour pousser l'authenticité encore plus loin, la production n'a rien laissé au hasard, tant dans la création des décors que dans le choix des figurants. En effet, de véritables policiers étaient présents sur le plateau pour faire de la figuration. Durant les premières semaines de tournage, les comédiens et l'équipe technique faisaient fréquemment appel à leur expertise directe pour valider chaque geste, s'assurant ainsi que les interventions, le vocabulaire et les protocoles représentés à l'écran soient d'un réalisme irréprochable.

Une cadence d'écriture et une rigueur de production vertigineuses
Sur le plan de la création, le projet représentait une montagne russe colossale pour Luc Dionne, qui s'attaquait pour la toute première fois de sa carrière au format de la quotidienne. Le défi était titanesque : l'auteur devait produire en moyenne 140 pages de scénario par semaine pour maintenir le rythme imposé par le diffuseur.
La productrice Fabienne Larouche rappelait d'ailleurs avec franchise l'extrême discipline exigée par un tel rythme de croisière. Avec quatre épisodes livrés chaque semaine, la moindre journée de retard risquait d'engendrer un effet boule de neige incontrôlable : sauter une journée d'écriture signifiait en avoir deux à rédiger le lendemain, puis trois le jour suivant. La régularité devait être absolue. Malgré les ajustements apportés par la production au fil des saisons pour préserver l'équipe face à la rapidité des tournages, la concrétisation de ce projet tenait du véritable miracle télévisuel.
De son côté, Luc Dionne voyait dans cette exigence une formidable occasion artistique. Même si la tâche s'avérait colossale, cette écriture au long cours lui offrait l'espace nécessaire pour fouiller la psychologie des personnages en profondeur, développer leur complexité et bâtir des intrigues palpitantes. C'est grâce à cette chimie unique, à la discipline de fer de toute l'équipe et à un rodage impeccable que District 31 a su captiver plus d'un million et demi de personnes soir après soir pendant six ans.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.
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