
Il y a 7 ans déjà, Martin Matte sonnait l'alarme sur une réalité qui est en train de rattraper le milieu artistique québécois...
C'est en 2026 que Martin Matte verra sa nouvelle série, Vitrerie Joyal, être diffusée sur la platefome Prime d'Amazon... Un projet ambitieux comme on en voit de moins en moins au Québec.
Dans les dernières années, les difficultés que rencontrent les producteurs et les diffuseurs au Québec ont eu un impact bien réel sur nos séries préférées. Des quotidiennes comme Stat ont dû passer à un format hebdomadaire en raison, notamment, de contraintes budgétaires.
La semaine dernière, le journaliste Patrick Lagacé a publié une chronique dans laquelle il explique que les séries québécoises n'arrivent plus à compétitionner avec les grosses séries américaines.
Pour appuyer ses dires, Lagacé a ressorti des propos que Martin Matte lui avait confiés il y a plusieurs années, déjà.
En 2018, j’ai fait une entrevue avec l’auteur des Beaux malaises. À l’époque, Netflix bouleversait les codes et le modèle économique de la télé. Et déjà, il y a sept ans, l’humoriste sonnait l’alarme : le miracle des fictions télévisuelles québécoises tirait à sa fin, m’avait-il dit. « Les Bougon avaient une fois et demie le budget que j’avais… Dix ans avant Les beaux malaises. Tout le monde est pris à la gorge et ça commence à paraître. Les équipes tournent 15, 16 pages de texte par jour… On va être en concurrence avec des budgets immenses, me disait Martin Matte en 2018. On aime dire qu’au Québec, on fait des miracles avec nos petits budgets. C’est vrai. Mais on arrive aux limites des miracles. »
–Patrick Lagacé, La Presse
Ces inquiétudes que Martin Matte exprimait déjà il y a 10 ans sont en train de se matérialiser.
Et pendant que les budgets de nos productions télévisuelles rétrécissent, ceux des grands succès des plateformes américaines explosent. Au moment où une série comme The White Lotus cartonne avec des lieux de tournage sensationnels (Hawaii, Thaïlande, Italie) et un budget oscillant entre 48 et 56 millions pour sa troisième saison, les séries de fiction québécoises souffrent de la comparaison. Nous sommes arrivés aux limites du miracle télévisuel québécois, celui de faire des merveilles avec des budgets limités.
–Patrick Lagacé, La Presse
Une chose est certaine, les Québécois qui tiennent à la culture d'ici et à notre télé ont une partie du pouvoir entre leurs mains : quand vous hésitez à savoir quelle sera la prochaine série que vous regarderez, donnez donc une chance à une série d'ici. Des séries comme Empathie, de Florence Longpré, n'ont rien à envier aux grandes productions américaines.
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