
Un incident digne d'un film d'horreur
Un événement tragique survenu dans l’enceinte feutrée d’un concessionnaire de luxe fait l'objet d'une poursuite civile monumentale.
Richard Papazian, un entrepreneur montréalais, réclame aujourd'hui la somme colossale de 20,8 millions de dollars à la suite d'un accident aux conséquences dévastatrices.
L'action en justice cible non seulement le garage Ferrari Québec, ses cadres et son personnel, mais s'étend jusqu'au siège social du constructeur automobile en Italie.
Le drame s'est joué le 7 août 2024. M. Papazian se trouvait dans les locaux du concessionnaire pour examiner des modèles de prestige. L'attention s'est portée sur une Ferrari 360, propriété du célèbre homme d'affaires Luc Poirier. Ignorant que le véhicule était techniquement inapte à rouler, un employé a persisté à vouloir lancer le moteur.
Le problème, majeur, résidait dans le fait que le système d'alimentation en carburant avait été partiellement démantelé lors de travaux précédents : la rampe d'injection et les injecteurs étaient absents. En tentant de forcer le démarrage, l'essence s'est répandue librement, créant un environnement hautement inflammable.
En un instant, le bolide s'est transformé en brasier, emprisonnant M. Papazian dans une boule de feu. Dans sa tentative désespérée d'échapper au brasier, la victime a chuté lourdement sur le sol rendu glissant par le carburant.

Le bilan médical est effroyable : 56 % de la surface corporelle a été ravagée par les flammes. Transporté d'urgence alors que son pronostic vital était engagé, l'homme d'affaires a passé un mois complet dans un coma artificiel. Bien qu'il ait pu regagner son domicile après quatre mois d'hospitalisation, sa vie ne sera plus jamais la même.
La poursuite fait état de handicaps durables, incluant une insuffisance rénale chronique, des lésions permanentes aux cordes vocales et de profondes cicatrices esthétiques.
Au-delà de l'accident lui-même, la poursuite fustige l'attitude des dirigeants de Ferrari Québec. Selon le recours, Gad Bitton, l'actionnaire principal, aurait fait preuve d'un cynisme désarmant. Plutôt que d'offrir un soutien moral, il aurait tenté de régler l'affaire de manière transactionnelle en proposant à la victime l'accès prioritaire à des voitures rares dans l'espoir qu'il réalise un profit à la revente.
Cette approche est décrite dans le document judiciaire comme un mépris total de la dignité humaine au profit de la logique commerciale. Pour ajouter à l'affront, le dépôt de 20 000 $ que M. Papazian avait versé pour un autre véhicule n'aurait toujours pas été restitué par le concessionnaire.

Fait surprenant, Luc Poirier, bien que propriétaire du véhicule en cause, semble être une autre victime collatérale de la gestion du concessionnaire. Il avait confié sa Ferrari pour de simples retouches au tableau de bord et ignorait que des composants mécaniques essentiels avaient été retirés.
Plus troublant encore, le concessionnaire aurait gardé le silence sur l'incident auprès de M. Poirier. Ce dernier n'a appris l'existence de l'incendie que par l'entremise d'un informateur anonyme.

Si sa voiture est une perte totale — indemnisée par ses assurances — il se retrouve aujourd'hui lié malgré lui à une affaire judiciaire qui promet de secouer le monde de l'automobile de luxe au Québec.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.
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