
Elle réclame aujourd’hui une bonne portion des avoirs accumulés
Une bataille juridique d’envergure vient de s’ouvrir devant la Cour supérieure du Québec, mettant en lumière la réalité complexe des conjoints de sportifs professionnels.
Un ancien joueur de la Ligue nationale de hockey (LNH), dont la carrière s’est échelonnée sur plus d’une décennie entre l’Amérique et l’Europe, se retrouve aujourd’hui visé par une poursuite de 600 000 $ intentée par son ancienne compagne. Au cœur de ce litige : le concept d'« enrichissement injustifié ».
Comme le rapporte Pierre-Paul Biron de TVA Nouvelles, après une relation ayant duré deux décennies, la demanderesse dresse un bilan amer de son autonomie financière. Selon les documents légaux, cette dernière soutient avoir délibérément mis de côté ses propres ambitions professionnelles pour devenir le pilier central de l’organisation familiale.
Ce retrait du marché du travail visait un but précis : permettre à l'athlète de se concentrer exclusivement sur ses performances sur la glace et sur l’accumulation d’un patrimoine important.
La plaignante explique avoir agi dans un climat de confiance totale, persuadée que les gains accumulés par le joueur serviraient de fondation à leur retraite commune. Elle estime que son soutien constant, allant de la gestion des déménagements internationaux aux soins des enfants, en passant par l'administration des entreprises du joueur, a permis à ce dernier de bâtir une fortune nette évaluée à environ 2 millions de dollars.

L’argumentaire de l’ex-conjointe repose sur l’idée que leur union fonctionnait comme une véritable « coentreprise ». En s'occupant de toute la logistique domestique et financière sans rémunération, elle aurait offert au défenseur la liberté nécessaire pour maximiser ses revenus.
Elle réclame aujourd’hui 30 % des avoirs accumulés durant leur vie commune, affirmant que sans la promesse tacite d'un partage des richesses, elle n'aurait jamais consenti à de tels sacrifices.
La réalité financière actuelle de la demanderesse est d'ailleurs frappante. Alors que monsieur détient des propriétés à son seul nom, elle affirme se retrouver sans actifs majeurs au terme de leur union, avec pour seuls biens un véhicule d'occasion et des économies dérisoires.

Ce dossier soulève une question fondamentale pour le droit de la famille au Québec, particulièrement pour les conjoints de fait : comment quantifier financièrement l'apport domestique et moral d'un partenaire ? Bien qu'un jugement précédent ait déjà réglé les questions de pension alimentaire, cette nouvelle poursuite s'attaque directement à la division des actifs.
De retour sur le marché du travail avec un salaire annuel modeste de 50 000 $, la femme dit vivre aujourd'hui « d'une paie à l'autre », incapable d'épargner. Elle plaide que son incapacité actuelle à se bâtir un patrimoine est la conséquence directe des quinze années passées à suivre l'athlète dans ses multiples escales professionnelles, sacrifiant ainsi ses meilleures années d'avancement de carrière.
Le tribunal devra maintenant trancher si cet investissement personnel mérite la compensation financière réclamée.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.
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