Monde de Stars

L'incroyable histoire d'Alexiane : un succès monstre à l'international qui fait briller le Québec

Quelle histoire merveilleuse !

Cimon Asselin

À seulement 31 ans, la chanteuse Alexiane affiche une feuille de route fort impressionnante. Pourtant peu connue dans la belle province, cette artiste à la fois sympathique et très talentueuse ne cesse de surprendre partout sur la planète. En 2017, elle a notamment fait la chanson A Million on My Soul, trame sonore du film Valerian and the City of a Thousand Planets. C'est avec grand plaisir que j'ai eu l'occasion de faire une superbe entrevue avec elle et je vous invite à lire notre discussion plus bas. 


- Pour les gens qui ne te connaissent pas, est-ce que tu peux nous résumer un peu ton histoire ?


Je suis née à Montmagny, mais ensuite on est allé vivre au Sénégal puisque mon père est sénégalais français. J’ai été exposé très tôt aux sonorités du Sénégal et on est revenu au Canada. J’ai débuté en prenant des cours de chant classique, puis j’ai fait des compositions. Je compose depuis que je suis toute petite, mais « ma vraie première chanson », c’était à l’âge de 16 ans.


Par la suite, j’ai fait des études en économie à McGill. J’ai toujours su que je voulais faire de la musique, mais à ce moment-là, je n’avais pas encore la confiance de partager mes chansons avec le reste de la planète. Après ma graduation en 2015, je suis parti étudier en affaires de la musique et en production de la musique à UCLA à Los Angeles.


Donc c’est là que ma carrière a vraiment débuté officiellement en travaillant notamment avec des réalisateurs entre Montréal et Los Angeles. Pendant mon parcours scolaire à UCLA, j’avais entendu parler du film Valérian et la Cité des mille planètes (Valerian and the City of a Thousand Planets) qui allait sortir parce qu’il y avait un article du Comiccon à propos du projet. J’ai donc décidé d’écrire trois chansons pour le film, dont A Million on My Soul, qui a finalement été retenue.


J’ai appris la sélection de ma chanson un an plus tard et là, je n’avais plus trop le choix puisque quand ils ont confirmé leur choix, le film sortait ! Tout ça m’a donné beaucoup de visibilité à l’international. La chanson a même été reprise par des producteurs turcs qui ont fait un remix de la chanson et ça nous a donné une certification platine en Russie à cinq reprises, et nous sommes rendus à plus.


J’ai donc pu avoir une grande visibilité au niveau international et ça m’a fait découvrir dans plusieurs pays, notamment en Allemagne, en Russie, en Turquie, en Pologne, en Ukraine, en France… donc à de nombreux endroits sur le globe. 


- En terminant tes études à Los Angeles, tu as ouvert ta propre entreprise afin d'avoir pleine liberté sur tes chansons ? 


Exactement ! Je pense que j’ai toujours eu cette fibre artistique et entrepreneuriale. J’adorais l’économie ! La musique a toujours été ma priorité, mais j’aime beaucoup l’économie. Mon père travaille aussi dans un domaine connexe et ma mère est à son compte. On est très libre et on voyage.


Mon père m’a toujours dit depuis que je suis petite « Je préfère être propriétaire d’un stand à hot-dogs, plutôt que de travailler pour quelqu’un ». J’ai vraiment toujours mariné dans tout ça donc c’est important pour moi d’avoir le contrôle sur mes décisions artistiques. Je n’avais pas envie de prendre le risque qu’on me mettre sur une étagère aussi. C’était important pour moi et j’ai tellement entendu d’histoires d’horreurs lorsque j’étais à Los Angeles pendant mes études.


En revenant au Canada, il y a quatre ans, j’ai ouvert ma maison de disque, qui se nomme Gion Records. Je sors toutes mes chansons avec Gion Records, mais j’ai aussi des licences à l’international parce que je travaille beaucoup avec des producteurs et des DJs. On a une licence avec Sony ainsi qu’une autre licence avec le plus grand label de dance de Turquie qui s’appelle SSL.


Gion Records reste propriétaire, mais je fais des licences et, au Québec tout comme au Canada, je suis distribuée par Universal Music Canada. C’était super important pour moi de conserver cette autonomie et cette liberté. C’est une voie indépendante donc c’est plus lent, mais c’est un risque que je suis prête à prendre. Je vais faire de la musique toute ma vie et je préfère prendre le temps de bien développer mon destin.


C’est beaucoup de chapeaux à porter entre l’artiste et les autres titres. Parfois, il y a beaucoup de choses dans ma tête et ça tourne en 360 avec plein de petites choses qui tournent dans ma tête ! (Rires) Mais il y a quelque chose dans le fait de guider le train que j’aime beaucoup. 

L'incroyable histoire d'Alexiane : un succès monstre à l'international qui fait briller le Québec


- Est-ce que tu fais aussi des chansons en français ? 


Ma vision des choses, c’est vraiment la liberté. Ma musique, elle n’a vraiment pas de frontière. Le fait d’avoir été lancé par le film, ça m’a également démontré que c’est possible de réussir et surtout avec les médias sociaux. Dans mon premier album, il y en a deux qui sont en français, qui s’intitulent « Tu me manques » et « Sais-tu qui je suis ».


Cette dernière est la traduction de « You Say You Love Me ». On a fait la traduction avec Yves Laramée et Carla Bruni. Et puis, iHeart Radio nous a choisi au Québec pour être « Star du mois » avec la chanson. Ensuite, iHeart Radio Canada a choisi « You Say You Love Me », la version anglaise, de l’autre côté. Tout s’est fait naturellement.


Mais en écrivant de plus en plus en français pour mon 2e album, j’ai naturellement envie de le faire. Je ne pense aux quotas ou autres choses qui touchent le français. Si je décide d’écrire en français, c’est vraiment parce que j’ai envie de le faire et j’y ai pris goût depuis que j’ai écrit « Tu me manques ».


J’ai l’impression que quand je chante en français, je suis à côté des gens dans la salle et je trouve que c’est plus intime. Je me suis beaucoup caché dans ma vie, autant par mes problèmes de peau ou par un manque de confiance en moi. À partir du moment où j’ai commencé à écrire en français, j’arrive à mieux m’exprimer et à être plus directe, et ce, naturellement. J’ai donc beaucoup de chansons en français pour mon 2e album. On verra maintenant si les radios aiment, ou pas. 


- Depuis que tu es revenue de Los Angeles, tu habites au Québec ?


Je suis de retour au Québec depuis que je suis revenu de mes études à Los Angeles, mais je suis toujours dans les avions parce que je vais toujours composer avec des auteurs compositeurs provenant d'un peu partout. Je travaille aussi avec des auteurs compositeurs québécois, notamment avec Pilou (Pierre-Philippe Côté) et Caracol.


Ma mère est ici et j'ai vraiment mes attaches ici. J'adore le Canada et j'adore le Québec. Je veux vivre ici et mon rêve, c'est d'avoir ma maison au bord d'un lac avec mon studio dedans, tout en continuant de voyager. Je veux faire encore plus de musique de films et c'est vraiment ça que j'aime. 

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- Le grand réalisateur Luc Besson est un membre de ta famille ? 


C’est mon oncle ! Parfois, il y a des gens qui pensent que cela peut causer du favoritisme, mais pas du tout. Luc, quand il n’aime pas quelque chose, il n’aime pas et il ne prend pas. Par le passé, j’ai déjà essayé de lui envoyer une chanson pour le film Arthur et les Minimoys et il ne l’avait pas retenue. Luc trouvait que ce n’était pas assez bon, et ça ne m’a pas vexée. 

Depuis que je suis petite, il est un de mes plus grands fans et il sait que je suis toujours en train d’écrire et chanter. Quand je vais chez lui, je disparais toujours pour aller au piano ! Pendant qu’il écrit ses scénarios, moi j’écris mes chansons ! (Rires) 


- Il y avait de la compétition pour obtenir la trame sonore de Valérian et la Cité des mille planètes ?


Beaucoup ! Rihanna devait notamment essayer, mais finalement elle n’a pas essayé. Cara Delevingne et Pharrell Williams ont écrit la chanson I Feel Everything, qui a été retenue, mais pas comme chanson principale. Comme c’est un gros film, ils ont reçu une tonne de chansons et ils ont dû voter à Europa. J’ai attendu un an avant d’avoir le résultat. Lorsque j’ai appris que Cara et Pharrell tentaient leur chance, je pensais vraiment que je n’allais pas l’avoir.

Mais finalement, ils ont voté et ils m’ont choisi avec ma chanson A Million on My Soul. Jusqu’à la fin, je n’y croyais pas. Je suis contente, car la chanson affiche plusieurs dizaines de millions de vues et elle a été appréciée. Ce n’est pas parce qu’une chanson joue dans un film, qu’elle va nécessairement connaître du succès. 


- Tu es également impliquée dans plusieurs causes ? 


Oui ! Si je pouvais, moi je ferais tout et je porterais tous les chapeaux ! Je veux toujours aider. Enfant au Sénégal, j’ai été exposée très tôt à la pauvreté. J’ai eu la chance d’avoir une famille qui n’avait pas de soucis financiers. Malheureusement, ce n’est pas le cas pour tout le monde et il y a beaucoup de gens qui sont très pauvres au Sénégal. Il y a des enfants qui doivent passer leur journée à quêter avec un petit pot de métal et qui n’ont même pas de chaussures. Depuis que je suis petite, je donne toujours tout ce que je peux. Je donnais souvent mes bonbons et l’argent que j’avais. Je veux toujours aider les autres.


L’an dernier, j’étais partie avec Salif Keita en tournée du côté de la Guinée en Afrique de l’Ouest. Puis, j’ai profité de l’occasion pour aller faire une session de dédicaces au Sénégal. Le Dr. Amado de Andrés, représentant du Bureau régional de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest et du centre (ROSEN), est venu me voir pour me dire qu’il trouvait « qu’il y avait de la souffrance dans ma voix et qu’elle pourrait aider ».


Puis, on s’est rencontré et il m’a demandé de composer une chanson, mais il fallait que ce soit en lien avec l’ONUDC. Il a finalement pensé à une chanson qui pourrait venir en aide à ceux qui sont victimes de la traite des personnes. Au départ, je n’ai pas accepté et j’ai pris le temps de réfléchir. Je ne voulais pas faire d’appropriation puisque je n’ai pas été victime de la traite des personnes.

Finalement, j’ai accepté, mais j’ai demandé à ce qu’on m’éduque sur la cause davantage. Puis, j’ai eu de nombreuses conversations sur le sujet et j’ai lu beaucoup d’articles. J’ai donc écrit la chanson Blue Hearts pour eux en 2022. Ils m’ont ensuite demandé de venir la présenter devant les ambassadeurs au Sénégal.


Notre collaboration s’est ensuite poursuivie. On a eu un super bel accueil dans les bureaux de Vienne, New York et tout ça. Je pense qu’ils sentaient surtout mon désir d’aider et le fait que j’ai travaillé avec des artistes sénégalais ainsi qu’avec des enfants. C’était vraiment tout un truc, disons ! Ce n’est pas quelque chose qu’on fait en une nuit !

Ils ont voulu continuer de travailler avec moi et ils voulaient que je vienne faire un concert au Sénégal pour eux avec des célébrités. Mais j’ai répondu que je ne trouvais pas vraiment intéressant le fait d’aller faire seulement un concert, sans ne laisser rien à personne. J’ai donc proposé de faire un concours pour aider les jeunes.


On a finalement lancé ce concours et en gros, on invitait la jeunesse à participer et je voulais vraiment être certaine que tout le monde puisse tenter sa chance. Pas seulement ceux qui sont plus fortunés au Sénégal. On demandait à ce qu’ils enregistrent une chanson et la qualité de l’enregistrement n’avait pas d’importance. On a invité des jeunes de Guinée, Mali et Sénégal pour débuter, mais là, ça va prendre plus d’ampleur.


On va ajouter des pays. On les a donc invités à composer une chanson sur le sujet de la traite de personnes. C’est un sujet assez pointu et c’est difficile à écrire. En peu temps, on a reçu beaucoup de candidatures lors de la première édition. Une quarantaine de candidats et candidates en seulement six ou huit semaines.

Je faisais partie du jury avec l’équipe des Nations-Unis. On devait retenir six candidats, mais j’ai finalement poussé pour huit. On a fait une semaine de master class au Sénégal. On a fait venir ceux qui venaient de l’extérieur, ils ont été hébergés et ils ont des cours pendant une semaine avec des artistes connus au Sénégal.


Moi, je suis venue avec une équipe de producteurs de Montréal, deux DJs, un réalisateur avec qui je travaille régulièrement, un groupe de musique et tout. On les a aidés sur les chansons qu’ils avaient composées avec des sessions de questions/réponses. C’était important de les laisser avec quelque chose de concret avec l’expérience qu’ils ont vécue. On a gardé contact avec eux. Ils ont nos adresses courriel et tout. Ils ont adoré et il y aura donc une deuxième édition cette année. 

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- Est-ce qu'il y a un artiste au Québec avec qui tu aimerais travailler ?


Jean Leloup ! Mais personne ne semble trop savoir où il est, donc impossible ! Il n'a jamais vraiment fait beaucoup de collaboration. Un jour, peut-être ! Sinon, il y a Élliot Maginot que j'aime vraiment beaucoup aussi ! Bien évidemment, il y a Céline Dion, mais on verra ! (Rires) J'aime tellement d'artistes ici ! 


Une artiste tellement authentique et fort sympathique ! Merci pour cette belle entrevue, Alexiane ! 

Vous pouvez entendre quelques-unes de ses chansons plus bas : 

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Source: Monde de Stars