
Pour la première fois, Ginette Reno se confie sur cette facette de sa vie
À l'aube d'un jalon personnel d'envergure, l'une des plus grandes voix du Québec a choisi de briser une omerta qui durait depuis des décennies.
Alors qu'elle célébrait tout récemment son 80e anniversaire, Ginette Reno a profité d'une rencontre intime dans sa demeure de Boucherville pour dévoiler un pan douloureux de son histoire personnelle : les sévices subis durant sa jeunesse.
C’est lors d’un entretien empreint d’une rare vulnérabilité avec l’animateur Jean-Philippe Dion, dans le cadre de l'émission Sucré Givré, que la grande dame de la chanson a lâché les mots que son public n'attendait plus.
Pour la première fois de sa longue carrière, elle a confirmé avoir été victime d'abus. Loin de vouloir garder cette souffrance pour elle seule, elle a décidé de l'exorciser par son art.
Ce témoignage prendra la forme d'une pièce musicale intitulée Les prisons du silence, une œuvre phare de son prochain projet d'envergure, Entre la vie, la mort, l’amour et moi, attendu pour l'automne.
En s'exprimant ainsi, Ginette Reno espère que son courage servira de phare à d'autres victimes qui s'emmurent encore dans le mutisme. Pour elle, le temps est enfin venu de libérer cette parole longtemps contenue, transformant sa propre épreuve en un message d'espoir et de solidarité.

Malgré le poids des confidences, la créativité de l'interprète de L'Essentiel demeure bouillonnante. Pour marquer ses 80 ans, elle ne propose pas un simple disque, mais une collection colossale de 40 nouveaux titres, répartis sur quatre albums distincts.
Cette production monumentale témoigne d'une soif de vivre et de créer qui semble inépuisable, même si l'artiste porte un regard lucide, voire grinçant, sur le temps qui passe.
Avec sa franchise légendaire, Ginette Reno ne cache pas son aversion pour la vieillesse. « C’est épouvantable », a-t-elle lancé avec son humour habituel, déplorant que sa « carrosserie » ne soit plus couverte par la garantie.
Elle a admis que les défis de santé transforment sa relation avec la scène : les tremblements de la voix et les caprices de la mémoire l'obligeraient désormais à performer assise, si jamais elle décidait de retrouver ses fans sous les projecteurs.

Pourtant, cette lucidité n'enlève rien à son sens de la fête. Évoquant son propre départ, elle a exprimé le souhait qu'on organise une célébration joyeuse plutôt que des funérailles austères.
Elle imagine déjà un grand rassemblement où l'on célébrerait la vie sur les notes de la chanson Wildflower, qu'elle verrait bien interprétée par sa grande amie Céline Dion.
En s'ouvrant ainsi sur ses blessures passées et ses inquiétudes présentes, Ginette Reno prouve une fois de plus qu'elle est bien plus qu'une chanteuse : elle est une force de la nature qui, même à 80 ans, continue de grandir et d'apprendre à se libérer de ses propres chaînes.
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