
Elle a été victime d'accusations après avoir brisé un tabou
Édith Blais est récemment revenue au cœur de l’actualité, non pas pour son parcours hors du commun, mais pour une discussion entourant l’argent généré par son livre.
Après avoir mentionné publiquement les revenus associés à son récit, l’autrice a senti le besoin de faire une importante mise au point afin de rétablir certaines perceptions qui l’ont profondément touchée.
Le nom d’Édith Blais reste à jamais lié à l’un des événements les plus bouleversants de l’histoire récente du Québec. En 2018, alors qu’elle voyageait en Afrique de l’Ouest avec Luca Tacchetto, elle a été kidnappée au Burkina Faso. Ce qui devait être une aventure s’est transformé en une épreuve inimaginable : plus d’un an en captivité, déplacée à répétition dans le désert sous la surveillance de groupes armés.
De cette expérience traumatisante est né le livre Le Sablier, un témoignage cru et profondément humain. Pour Édith, l’écriture n’était pas une stratégie de carrière, mais une étape essentielle pour mettre de l’ordre dans ce qu’elle avait vécu et tenter de se reconstruire.

Invitée récemment au Les Colocs Podcast, Édith Blais a accepté de répondre avec une transparence peu commune à une question souvent évitée : combien rapporte réellement un livre à succès au Québec. Elle a expliqué que son ouvrage s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires, un chiffre exceptionnel pour le marché francophone d’ici, et qu’elle reçoit environ trois dollars par copie vendue.
Cette honnêteté, bien qu’appréciée par plusieurs, a aussi entraîné une vague de jugements. Certains ont laissé entendre qu’elle aurait écrit son livre dans un but purement financier, une interprétation qui a profondément blessé l’autrice.
Face aux commentaires et aux raccourcis, Édith Blais a choisi de prendre la parole sur ses réseaux sociaux afin de remettre les pendules à l’heure. Dans un message empreint de vulnérabilité, elle explique qu’en exposant ces chiffres, elle ne s’attendait pas à être réduite à une caricature de « profit sur la souffrance ».
Elle précise notamment qu’une grande partie des sommes gagnées a été redistribuée à des causes qui lui tiennent à cœur, sans même compter les montants versés en impôts. Elle rappelle également qu’elle mène une vie simple, loin de toute ostentation, et que son quotidien est centré sur sa famille, dans un cadre modeste et discret.

Dans cette publication, Édith confie à quel point certains commentaires, même après toutes les épreuves traversées, peuvent encore faire mal. Elle admet que cette vague de réactions l’a atteinte plus profondément qu’elle ne l’aurait cru, sans doute parce qu’elle sait à quel point la réalité est éloignée de ce que certains imaginent.
Elle annonce d’ailleurs vouloir prendre une pause des médias et de l’espace public, afin de protéger ses proches et de se préserver elle-même. Un geste compréhensible pour quelqu’un qui a déjà payé un lourd tribut à l’exposition et au regard des autres.
Voici le message complet :
Bonjour à tous,
je vais aller droit au cœur du sujet.
Récemment, j’ai participé à un podcast. Habituellement, j’accepte rarement ce genre d’invitation, parce que plus on s’expose, plus on s’expose aussi aux critiques.
Durant la discussion, j’ai mentionné aux animateurs que Le Sablier s’était vendu à plus de 100 000 exemplaires. Ils m’ont alors demandé combien je recevais par copie. J’ai répondu : environ 3 $.
Et voilà… me voici soudainement perçue comme « la fille qui a écrit un livre pour se faire une passe de cash ».
Ça me rend un peu triste. Alors, voulez-vous connaître la vérité ?
J’en ai donné presque la moitié à des causes qui me tenaient à cœur, sans même parler des impôts.
Non, je n’ai pas écrit Le Sablier pour faire de l’argent, loin de là. Je suis une fille simple, qui vit dans un appartement modeste, avec mon chum et ma fille.
Je ne nommerai pas toutes les choses qui se disent parfois à propos de ce que j’ai vécu et de mon physique. J’essaie de tout prendre à la légère, comme je le peux. Je ne sais pas pourquoi ce dernier coup a fait si mal… peut-être parce que je me dis : mais s’ils savaient…
Voilà, c’est tout. Je vais prendre une pause des médias pour l’instant. Je préfère protéger ma famille, et aussi me protéger moi-même, des paroles dites sans connaissance de cause.
Merci beaucoup de m’avoir lue, et je suis désolée de terminer sur cette note.
Dans les commentaires suivant sa publication, Édith Blais a tenu à remercier ceux et celles qui lui ont offert des mots de réconfort. Elle y souligne l’importance de la vulnérabilité, rappelant que derrière chaque histoire publique se cache un être humain sensible, avec ses blessures et ses limites.
Cette mise au point, livrée sans colère mais avec une grande sincérité, rappelle une chose essentielle : raconter son histoire pour guérir ou témoigner n’est jamais un calcul financier. Et parfois, même la vérité dite avec transparence mérite d’être entendue avec plus de bienveillance.
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