
Peu de gens le savent!
Bruno Marcil fait aujourd’hui partie des visages familiers du petit écran québécois, mais son parcours pour arriver jusque-là n’a rien d’un long fleuve tranquille.
Après des années d’incertitude, de petits contrats et de détours professionnels, l’acteur savoure enfin une période faste de sa carrière. Et surtout, il semble profondément heureux, autant dans son travail que dans sa vie personnelle.
Lorsqu’il se fait demander dans une entrevue avec le magazine 7 Jours, comment il se porte, Bruno ne cache pas sa joie : les projets se succèdent, et il s’amuse comme jamais. On peut le voir dans STAT et Doute raisonnable, deux séries dans lesquelles il occupe des rôles marquants, et il se prépare aussi à retrouver le public dans la deuxième saison de MR BIG.
Il adore l’ambiance de ce plateau, particulièrement parce que l’univers de la série lui permet d’explorer des zones de jeu plus éclatées. Il y incarne un antagoniste, un rôle de « méchant » qu’il savoure pleinement.
Pourtant, cette effervescence actuelle n’a pas toujours été sa réalité. Une période plus calme a suivi la fin des Invisibles, et Bruno avoue avoir craint un ralentissement majeur. Mais les choses ont plutôt pris une tournure inattendue : le travail s’est remis à entrer, et il n’a pas vraiment connu la pause qu’il redoutait. Comme il le dit lui-même, le métier d’acteur est imprévisible, et il faut apprendre à faire avec cette part d’inconnu.

Lorsqu’il réfléchit à sa carrière, il se dit profondément reconnaissant d’avoir accès à une telle diversité de rôles. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est la possibilité de changer constamment de registre : être un dur à cuire un jour, puis un personnage attachant le lendemain. Cette capacité de se réinventer d’un projet à l’autre est pour lui un véritable luxe.
Dans son cas, l’éclosion a été tardive. À sa sortie de l’école de théâtre, les rôles ne se sont pas bousculés. Il faisait surtout des auditions pour des publicités, souvent sans succès. Son profil particulier, une voix puissante, mais une apparence encore jeune, le plaçait dans une zone floue où il n’arrivait pas à correspondre aux attentes des directeurs de casting. Il a traversé trois années particulièrement difficiles où le doute s’installait.
Pour gagner sa vie, Bruno a cumulé des lectures publiques et quelques pièces importantes qui ont contribué à garder sa passion vivante. Mais il se demandait sérieusement s’il réussirait un jour à se tailler une place durable dans le milieu. Parallèlement, il nourrissait une autre vocation : la musique.

Bien avant d’être reconnu comme comédien, il a lancé deux albums et s’est lancé corps et âme dans une carrière musicale. Il a même eu la chance de faire la première partie de Robert Charlebois et de remporter Ma première Place des Arts, deux accomplissements qu’il garde encore aujourd’hui comme des souvenirs précieux.

Mais comme il l’explique, le plaisir n’y était plus. La création musicale, en solitaire dans son studio, le réjouissait réellement. Mais dès qu’il fallait partir en tournée, vendre les billets un à un, et se retrouver dans des salles presque vides à l’autre bout du Québec, son enthousiasme s’effritait. Il se rappelle entre autres un spectacle à Baie-Saint-Paul, présenté devant une quinzaine de personnes seulement, moment où il a senti que ce chemin ne lui convenait plus. La musique a alors été mise de côté, non sans une certaine tristesse, mais avec beaucoup de lucidité.
Aujourd’hui, l’acteur continue de jouer pour le plaisir lors d’événements ponctuels, mais il n’envisage pas un retour sérieux dans cet univers. Sa place, il l’a trouvée ailleurs : dans la richesse et la variété du jeu, dans les plateaux où il retrouve des collègues inspirants, et dans une vie personnelle qu’il souhaite simple, pleine de vraies relations et de moments sincères.

Bruno Marcil est un exemple parfait d’un artiste qui a pris un chemin sinueux avant de trouver sa voie. Et aujourd’hui, il récolte pleinement les fruits de cette persévérance.
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