
Geneviève Guilbault annoncera son départ de la vie politique
C’est la fin d’une ère pour celle que l’on surnommait la « nouvelle étoile » de la politique québécoise. Entre vie de famille sous les projecteurs, ascension rapide et controverses explosives, voici tout ce qu'il faut savoir sur le parcours de Geneviève Guilbault, alors qu'elle s'apprête à tirer sa révérence.
Née le 4 novembre 1982 à Greenfield Park, Geneviève Guilbault n'a pas toujours été sous les feux de la rampe politique. Diplômée de l’Université Laval, où elle a décroché un baccalauréat en 2006 puis une maîtrise en communication publique en 2011, elle a d'abord fait ses classes dans l'ombre.
Avant de devenir le visage de la CAQ, elle a travaillé comme attachée de presse adjointe pour le ministre libéral Jacques Dupuis entre 2006 et 2008. Mais c’est surtout au Bureau du coroner, où elle a œuvré comme directrice des communications dès 2009, qu'elle s'est fait remarquer. Le public québécois découvre alors une porte-parole au calme olympien lors de tragédies nationales marquantes, comme l’accident ferroviaire de Lac-Mégantic en 2013, l’incendie de L’Isle-Verte en 2014 et la fusillade à la grande mosquée de Québec.

Son entrée dans l'arène politique se fait par la grande porte, mais de façon imprévue. En 2017, alors qu'elle se prépare pour une candidature dans Charlesbourg, la CAQ la parachutée dans Louis-Hébert pour une élection partielle, après le désistement du candidat initial. Le pari est risqué, mais payant : elle remporte le bastion libéral avec une écrasante majorité de 51 % des voix. François Legault, euphorique, la qualifie alors de « nouvelle étoile de la politique ».
L'image de Geneviève Guilbault est indissociable de sa réalité de jeune mère conciliant pouvoir et maternité. En pleine ascension, elle a vécu deux grossesses sous l'œil des caméras, un fait rare pour une politicienne de ce rang.

Peu après sa première élection, elle donne naissance à sa fille, Capucine, le 27 décembre 2017. L'histoire se répète alors qu'elle est vice-première ministre : son fils Christophe voit le jour le 4 janvier 2020. Cette maternité active a contribué à forger son image de femme moderne et multitâche, elle qui n'a pas hésité à évoquer la nécessité d'un congé parental pour les parlementaires.
Malgré ce parcours qui semblait la destiner au poste de première ministre, le rêve s'est brisé. Nous avons appris que Geneviève Guilbault ne tentera pas de remplacer François Legault et quittera la vie politique à la fin de son mandat actuel. Elle doit officialiser cette décision ce dimanche dans sa circonscription de Louis-Hébert.
La raison officielle ? La famille. Fidèle à l'image qu'elle a cultivée, la ministre de 43 ans invoquera le désir de se consacrer à ses deux enfants, Capucine (8 ans) et Christophe (6 ans), pour expliquer son départ. Elle souhaite être davantage présente pour eux après huit années intenses au pouvoir.

La raison officieuse ? Selon plusieurs sources, un scandale et des ennemis. Derrière les raisons familiales se cache une réalité beaucoup plus sombre. Son départ survient alors qu'elle est éclaboussée par le fiasco numérique de la SAAQ (SAAQclic). À la mi-décembre, Geneviève Guilbault a reçu un « préavis de mauvaise conduite » de la part de la commission Gallant, une procédure qui indique qu'elle pourrait être blâmée dans le rapport final attendu pour le 13 février.
Sa crédibilité a été lourdement entachée : alors qu'elle affirmait ignorer l'ampleur des dépassements de coûts, des documents ont prouvé qu'elle en avait été informée dès 2023.

De plus, selon Tommy Chouinard de La Presse, en coulisses, le climat était devenu toxique. Un mouvement interne « N’importe qui sauf Geneviève Guilbault » s’organisait au sein même du caucus de la CAQ. On lui reproche un style de gestion abrasif et une attitude cassante envers ses collègues. Son cabinet était devenu une « porte tournante », ayant usé cinq chefs de cabinet en seulement deux ans.
Celle qui fut jadis la « chouchoue » et la vice-première ministre incontournable a vu son étoile se consumer. Face à la commission d'enquête et à la fronde de ses propres collègues, Geneviève Guilbault a choisi de ne pas s'infliger le supplice d'une course à la chefferie qu'elle ne pouvait plus gagner
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