Thélyson Orélien
Thélyson Orélien / France 1
Ajoutez Monde de Stars comme source préférée sur Google Nouvelles

Thélyson Orélien admet le plagiat mais nie avoir utilisé l'intelligence artificielle

L'écrivain haïtiano-québécois brise le silence et livre une déclaration complète sur la controverse

Esad Avdic

Esad Avdic

Après plusieurs semaines de silence, l'écrivain haïtiano-québécois Thélyson Orélien brise le silence sur la controverse qui entoure son roman C'était ça ou mourir. Dans une longue déclaration transmise aux médias par son éditeur français, Grasset, l'auteur reconnaît avoir commis des actes de plagiat dans ses écrits passés, tout en rejetant catégoriquement les accusations selon lesquelles son roman aurait été généré par l'intelligence artificielle.

Depuis le 21 septembre dernier, l'écrivain se retrouve au cœur d'une vive controverse. Des spécialistes ont remis en question l'authenticité de son roman, soupçonnant qu'il aurait été produit à l'aide d'une IA. Parallèlement, d'anciennes publications de l'auteur ont été examinées afin d'y déceler des emprunts non crédités.

Face à ces accusations, Thélyson Orélien estime que son silence laissait les autres raconter son histoire à sa place. Il a donc décidé de prendre la parole pour livrer sa version des faits.

Thélyson Orélien reconnaît avoir commis du plagiat

Concernant les accusations de plagiat, l'auteur ne cherche pas à se défiler. Il reconnaît avoir commis des erreurs dans sa jeunesse, après avoir quitté Haïti en 2010, dans la foulée du terrible tremblement de terre.

À l'époque, il avait un peu plus de vingt ans et souhaitait ardemment devenir écrivain. Grand lecteur, il s'inspirait notamment des œuvres de René Depestre, Édouard Glissant, Aimé Césaire, Patrick Chamoiseau, Ernest Hemingway, Gabriel García Márquez et Fiodor Dostoïevski.

Il reconnaît toutefois avoir franchi la ligne entre l'admiration pour ces auteurs et l'appropriation de leurs textes.

« Admirer n'autorise pas à prendre, à m'attribuer des textes qui ne sont pas les miens », écrit-il dans sa déclaration.

L'écrivain qualifie ses gestes d'« erreurs inacceptables », malgré sa jeunesse et son inexpérience, et présente ses excuses « sans réserve ».

Il nie catégoriquement avoir utilisé l'IA pour écrire son roman

Si Thélyson Orélien reconnaît ses torts concernant certains de ses écrits antérieurs, il rejette fermement les accusations voulant que son roman C'était ça ou mourir ait été rédigé par une intelligence artificielle.

Il qualifie ces allégations de « calomnie » et d'« hérésie ». L'auteur admet avoir utilisé ponctuellement des outils numériques pour effectuer certaines recherches, notamment sur des expressions en langues étrangères, mais affirme qu'aucune phrase de son livre n'a été créée par une machine.

Dans sa déclaration, il raconte avoir commencé à écrire le roman à l'automne 2017, sur un coin de table à Laval. Il en aurait terminé une première version de plus de 300 pages en 2019, avant de retravailler le texte, de supprimer certaines scènes et de modifier plusieurs éléments de l'histoire.

Le récit met notamment en scène Jonas Dorléon et aborde des thèmes qui lui sont chers, comme l'exil, la migration, Haïti et son expérience au Québec.

L'auteur estime que les accusations visant son roman vont bien au-delà d'une simple remise en question de ses compétences littéraires.

« En attribuant à une machine un texte qui est mien, qui est celui de tous les miens, on n'est pas seulement venu contester ma qualité d'écrivain mais mon humanité », affirme-t-il.

L'auteur dénonce le harcèlement et les menaces

Dans sa déclaration, Thélyson Orélien dénonce également les menaces et le harcèlement dont il affirme être victime depuis le début de la controverse. Il évoque notamment du « harcèlement raciste » qu'il juge « insoutenable ».

Tout en reconnaissant que les journalistes peuvent enquêter sur son parcours et que les lecteurs sont libres de critiquer ses anciennes publications, il insiste sur l'importance de distinguer ses erreurs passées de son nouveau roman.

« Je sais que le passé est capable de susciter des questions légitimes et je ne demande pas qu'on les écarte. Mais une erreur de jeunesse ne peut tenir lieu de preuve contre un roman débuté en 2017 et qui sera finalement publié en 2026 », écrit-il.

L'auteur affirme ne pas vouloir effacer son passé ni prétendre être irréprochable. Il souhaite plutôt que son œuvre soit évaluée pour ce qu'elle raconte et pour le travail qu'il dit y avoir consacré.

Voici la déclaration complète de Thélyson Orélien

Voici le texte intégral de la déclaration de l'écrivain, telle qu'elle a été transmise aux médias :

« Depuis le 21 septembre, beaucoup de choses se disent à mon sujet. Des "experts" s'en prennent à mon roman en l'attribuant à une intelligence non-humaine et d'autres, sous ce prétexte ou en revenant sur d'anciens textes, s'en prennent tout simplement à moi.

Un écrivain parle par ses écrits et ses écrits parlent pour lui. Mais le silence a son prix : à force de me taire, je laissais les autres raconter mon histoire à ma place.

J'ai commencé à écrire C'était ça ou mourir à l'automne 2017, sur un coin de table à Laval. J'ai terminé un premier jet de ce texte en 2019, plus de 300 pages, au moment où j'apprenais la mort de ma mère, un mercredi de Pâques.

Puis j'ai supprimé des scènes, retravaillé des passages, déplacé des éléments, changé des personnages. Jonas Dorléon existait dans ma tête bien avant que des lecteurs ne connaissent son nom. Haïti, la mère biologique, habite ce roman depuis le premier jour, tout comme le Québec adoptif, la migration, l'exil : des histoires que j'ai moi-même vécues et d'autres que j'ai entendues au fil des années. Et puis la fiction s'est déployée, un univers que j'ai inventé pour qu'un homme, Jonas Dorléon, existe sur la page avec ses mots à lui, quand il pense, quand il parle.

On dit que C'était ça ou mourir a été rédigé par une intelligence artificielle. C'est une calomnie et une hérésie. J'ai eu recours çà et là à des outils pour des recherches, s'agissant notamment des idiomes étrangers. Mais aucune phrase de ce livre n'a été créée par une machine, pas plus que le sens ou l'ordonnance d'un récit qui vient de mes tripes. L'expérience que je vis est cruelle. En attribuant à une machine un texte qui est mien, qui est celui de tous les miens, on n'est pas seulement venu contester ma qualité d'écrivain mais mon humanité.

Ensuite il y a le passé et mes erreurs de jeunesse. En 2010, j'ai quitté Haïti après le terrible tremblement de terre, en passant par la République dominicaine, tout comme Jonas Dorléon. J'avais un peu plus de vingt ans, j'étais sans doute un peu trop pressé, sans vraiment mesurer ce que j'avais encore à apprendre. Je voulais écrire, je lisais beaucoup. Il m'arrivait de découvrir un écrivain et de vouloir aussitôt lire tout ce qu'il avait écrit. Depestre, Glissant, Césaire, Chamoiseau, Alexis, Char, Péguy, Hemingway, Márquez, Dostoïevski, etc. J'admirais des rythmes, des manières de raconter des phrases qui restaient dans ma tête pendant des jours. Le Matin des magiciens, de Louis Pauwels et Jacques Bergier, m'a par exemple renversé. Mais admirer n'autorise pas à prendre, à m'attribuer des textes qui ne sont pas les miens. J'ai commis des erreurs inacceptables, malgré la jeunesse et l'inexpérience. Je le regrette profondément et présente mes excuses sans réserve.

Les journalistes peuvent faire leur travail d'enquête, les lecteurs peuvent relire d'anciennes publications et les critiquer, certains peuvent trouver le roman mauvais ou décider de ne pas le lire du tout. La critique est toujours légitime, mais les menaces, le lynchage médiatique et le harcèlement raciste que je subis depuis des semaines sont insoutenables.

Ce que je demande tient désormais en une phrase : qu'on juge le roman C'était ça ou mourir pour ce qu'il est. Je sais que le passé est capable de susciter des questions légitimes et je ne demande pas qu'on les écarte. Mais une erreur de jeunesse ne peut tenir lieu de preuve contre un roman débuté en 2017 et qui sera finalement publié en 2026.

Je ne veux pas effacer mon passé ni prétendre être un homme sans fautes. Mais ce roman, je l'ai écrit moi-même. Il vient de mes blessures et de celles des autres migrants. Cette blessure de l'exil dont on ne guérit pas. Ce roman en est le fruit, c'est le fruit de mon travail, c'est ma création.

Je n'ai pas écrit ce livre pour gagner des prix ou devenir célèbre. Je n'ai rien à prouver aux gens qui m'accusent. J'espère simplement qu'on lira l'histoire de Jonas Dorléon pour ce qu'elle raconte, qu'elle permettra à ses lecteurs d'ouvrir leurs yeux et leur cœur sur le monde, sur ceux qui le peuplent. Quelle que soit leur origine. »

La prise de parole de Thélyson Orélien marque une nouvelle étape dans cette controverse littéraire. Alors qu'il reconnaît avoir commis du plagiat dans le passé, l'écrivain maintient que son roman est le fruit de son propre travail et demande au public de le juger indépendamment de ses erreurs antérieures. Reste à voir comment le milieu littéraire et les lecteurs accueilleront ses explications.

Inscrivez-vous à notre infolettre

Recevez les dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception.

À propos de l'auteur

Esad Avdic
Esad Avdic

Directeur du contenu numérique

Quand il n’est pas devant sa télé à dévorer un film, une série ou un match du CH, Esad transmet avec passion toutes les informations concernent diverses nouvelles que ça soit dans le sport ou le showbiz.

Lire la suite
Monde de Stars

Votre source de nouvelles du showbiz québécois

© 2026 Attraction Web S.E.C. Tous droits réservés.