Ruba Ghazal
Ruba Ghazal / Noovo
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Ruba Ghazal s'explique après la controverse du keffieh à l'Assemblée nationale

La cheffe de QS revient sur le geste qui enflamme le Québec depuis son assermentation mardi.

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La cérémonie d'assermentation des députés solidaires à l'Assemblée nationale, mardi dernier, a pris une tournure inattendue lorsque Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire et députée de Mercier, a brandi le keffieh que portait l'ancienne cheffe Manon Massé, présente pour l'occasion. Ce geste spontané, capté par les caméras a rapidement enflammé le débat public au Québec, provoquant des réactions aussi vives que polarisées.

Le keffieh, ce foulard traditionnel moyen-oriental devenu au fil des décennies un symbole de solidarité avec le peuple palestinien, n'est pas passé inaperçu dans l'enceinte parlementaire. Pour certains, il s'agissait d'un geste déplacé dans le cadre solennel d'une institution démocratique. Pour d'autres, il représentait un moment d'authenticité rare en politique, un élan du coeur d'une femme profondément liée à ses racines.

Dès mercredi matin, Ruba Ghazal a pris la parole au micro de Patrick Lagacé, à l'émission Lagacé le matin sur les ondes du 98,5 FM, pour revenir sur ce moment qui a fait le tour du Québec. La députée de Mercier a décrit la scène avec une sincérité désarmante. En entrant dans la salle comme cheffe parlementaire pour s'asseoir auprès de ses collègues, elle a aperçu Manon Massé portant le keffieh autour du cou. Émue, elle est allée la prendre dans ses bras, et d'un geste qu'elle qualifie elle-même d'intuitif, elle a saisi le foulard et l'a brandi.

« Je suis une femme intuitive. Je suis une femme vraie. Je suis beaucoup mon intuition, puis la politique, c'est ça », a-t-elle confié au micro de Lagacé. Elle a décrit un « moment d'émotion très, très fort » en réalisant la portée symbolique de sa trajectoire personnelle : née à Beyrouth dans une famille de réfugiés palestiniens, ayant grandi aux Émirats arabes unis, arrivée au Québec à l'âge de 10 ans sans parler un mot de français, et aujourd'hui à la tête d'un parti politique québécois.

« Je suis 100 % québécoise, 100 % palestinienne. J'ai deux nations, pas de pays. Je veux avoir mon pays du Québec, et la Palestine sera toujours dans mon coeur », a-t-elle déclaré, résumant avec émotion la dualité qui définit son parcours. Pour elle, le geste n'avait rien de prémédité ni de provocateur. Il incarnait plutôt la rencontre de deux identités qui cohabitent en elle depuis toujours. Vous pouvez écouter ses explications ci-dessous avant de poursuivre votre lecture:

La controverse autour du geste de Ruba Ghazal

Malgré les explications de la principale intéressée, la polémique ne s'est pas éteinte. Une pétition réclamant sa démission, lancée sur la plateforme Change.org, a rapidement recueilli plus de 9 500 signatures. Son auteur estime que le geste était « inapproprié et hors de propos pour une cérémonie officielle » et que les élus devraient se concentrer uniquement sur les priorités québécoises lors de tels moments solennels.

Du côté politique, Éric Duhaime n'a pas tardé à réagir en promettant que les conservateurs seraient assermentés « sans serment au roi, en français et pas de foulard palestinien ». Sur les réseaux sociaux, les commentaires oscillent entre hostilité franche et soutien chaleureux. Certains internautes ont salué la fierté assumée de Ghazal, tandis que d'autres ont dénoncé ce qu'ils perçoivent comme une instrumentalisation d'une cérémonie officielle.

Patrick Lagacé lui-même a tenu à remettre les pendules à l'heure en ondes, soulignant que le keffieh n'est pas un symbole religieux, contrairement à ce que plusieurs semblent croire. Le foulard est en effet une coiffe traditionnelle portée à travers tout le Moyen-Orient, qui s'est imposé comme emblème du nationalisme palestinien à partir de la révolte arabe des années 1930, bien avant d'être popularisé mondialement par Yasser Arafat.

Ce qui frappe dans cette controverse, c'est l'ampleur de la réaction face à un geste que Ruba Ghazal décrit comme purement émotif et spontané. Membre fondatrice de Québec solidaire depuis 2006, élue et réélue avec des majorités écrasantes dans Mercier, elle incarne un parcours d'intégration que beaucoup qualifieraient d'exemplaire. Son histoire, celle d'une enfant de réfugiés devenue cheffe de parti dans sa terre d'accueil, est précisément le genre de récit dont le Québec peut être fier.

La tempête médiatique ne semble pas près de se calmer, alors que l'émission La commission, animée par Nathalie Normandeau et Luc Ferrandez, a également consacré une large part de son émission de mercredi à cette affaire. Reste à voir si cette controverse aura des répercussions durables sur le début de la nouvelle législature, ou si elle finira par s'estomper à mesure que les véritables enjeux parlementaires prendront le dessus.

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Cet article pourrait avoir été rédigé à l'aide de certains outils d'IA.

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