Rosalie Vaillancourt sort publiquement pour dénoncer le message d'excuses publié par Julien Lacroix

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Publié le par Monde de Stars dans Nouvelles
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Rosalie Vaillancourt a réagi, mardi soir, aux excuses publiées plus tôt dans la journée par Julien Lacroix. Et visiblement, elle n'a pas du tout apprécié la publication faite par celui qu'elle a dénoncé - avec neuf autre femmes - dans les pages du journal Le Devoir, l'été dernier.

Rappelons que Rosalie Vaillancourt fait partie des dix femmes qui ont témoigné de diverses agressions et inconduites sexuelles commises par Julien Lacroix à leur endroit au cours des dernières années. Depuis la publication de l'enquête du Devoir, l'humoriste s'était retiré de la vie publique. Il a décidé de briser le silence, mardi.

Voici le long message que Rosalie Vaillancourt a publié, mardi soir, sur sa page Facebook, quelques heures après les excuses de Julien Lacroix:

J’ai pas envie de faire dans l’humour ce soir. J’haïs être sérieuse, mais là je suis trop mal à l’aise et triste.
J’ai lu ses excuses les mains moites. Ça fait seulement 6 mois. C’est encore la chose qu’on me parle le plus dans mes entrevues…
Julien c’était mon ami. On travaillait ensemble. J’ai dénoncé un ami, pas pour dénoncer un acte isolé dont j’ai été témoin, mais dans l’espoir de voir un changement de culture.
Il n’y a pas vraiment de changements si 6 mois après un article béton, quelqu’un arrive avec des excuses sur les médias sociaux et se fait donner autant d'exposure. Journaux, partages, likes.

*je ne crois pas que les gens ne peuvent pas avoir de deuxième chance. Je crois en la réhabilitation.*

J’ai bon espoir que les gens s’améliorent.

Cependant, c’est tellement précipité et je vous avoue que j’ai de la difficulté à voir qu’il a fait du chemin auprès des victimes.
Là on parle d’années de violence. Des adolescentes qui ont fini leur maîtrise cette année et qui ont encore sa présence en tête. Elles ont été tellement marquées qu'elles ont décidé, 10 ans plus tard, de parler au Devoir. Et toi, en 6 mois…? Il manque un jeu de proportion là.
Je suis de bonne foi. J’ai bon espoir dans la vie. Je suis pour la rédemption. Mais en ce moment ça me semble être un message formaté. Un message écrit par des professionnels de l’image.
C’est de bonnes excuses Julien mais il manque des mots dans tes excuses: Viols, violences physiques, violences sexuelles, violences psychologiques, agressions, harcèlement.

À quel point la maladie de l’alcoolisme peut évacuer les violences sexuelles ET la mémoire collective!?

Honnêtement, depuis août, j’ai perdu espoir en mon milieu. Des rumeurs comme quoi il travaille avec une boite de production en ce moment à revenir et ce depuis longtemps, sont assez inquiétantes.
Un bel agenda: 6 mois après l’article, on fait des excuses. La veille, petit changement de photo de profil.
Dans 6 mois; ta première entrevue. Dans un an; ton show où tu nous feras bien rire sur ta désintox. C’est tellement vulgaire et en même temps réaliste.
Derrière chaque mot pesé, il a tâté le terrain pour son retour. Et le terrain c’est quoi? Il y a beaucoup de monde que ça dérange moins de voir souffrir 9 femmes (sans compter celles qui n’ont pas voulu parler publiquement) que de revoir Julien.

Une question aux artistes que je connais très bien et qui ont liké la publication de Julien: Auriez-vous liké cette publication si c’était votre fille qui avait été violée, agressée ou simplement embrassée de force 6 mois après l’avoir appris dans les journaux? Auriez-vous vraiment liké des excuses de quelqu’un qui évacue les violences sexuelles avec comme excuse: “les démons intérieurs”?

Je ne m’acharne pas sur son cas, je ne veux pas en faire un martyr, je souhaite un changement de culture dans le milieu artistique, médiatique et culturel. Je veux juste qu’on fasse preuve de prudence et de transparence.

Sur ce, je vais continuer de vous faire rire en essayant d’oublier à quel point ce milieu là est fake.

Geneviève Morin, l'ex-conjointe de Julien Lacroix dont le témoignage a été central à l'enquête publiée par Le Devoir l'été dernier, a elle aussi réagi quelques heures après la sortie publique de l'humoriste.

Voici ce qu'elle a publié sur son compte Instagram:

« Je suis fatiguée de pleurer. Les mots me manquent, c’est rare. Mais j’ai eu ce magnifique poème en tête. Je trouve qu’il met le doigt sur ce que je ressens. »

Et voici le message que Julien Lacroix a publié sur les médias sociaux, mardi en fin d'avant-midi:

« Salut tout le monde, 

J’avoue être très nerveux à l’idée de vous écrire mais je sens que je le fais pour les bonnes raisons et qu’il n’y aura jamais vraiment de « bon » moment pour le faire. 

Je brise le silence, après beaucoup de honte, de regrets et de tristesse. Bien sûr, le fait que je m’exprime publiquement ne signifie en rien que je diminue l’importance d’entendre et surtout, d’écouter. 

J’aimerais d’abord présenter mes sincères excuses aux personnes que j’ai blessées. Sachez que je prends responsabilité sur mes actions et que je travaille chaque jour à réparer ce que j’ai brisé chez les autres et en moi.

Je tiens aussi à souligner que j’appuie le mouvement de dénonciations, malgré les impacts majeurs que ça a eu dans ma vie. Je suis conscient que c’est ainsi que se font les révolutions et que s’opèrent des changements nécessaires. Il est anormal qu’en 2021, autant d’hommes continuent d’avoir des comportements toxiques. Je ne veux plus jamais faire partie de cette catégorie. 

Mon intention n’est pas de régler ma vie privée en public. L’essentiel est que j’ai blessé des gens, et que je m’en excuse profondément. Je travaille désormais tous les jours à devenir humblement une meilleure personne. Mes amendes honorables font parties de mon processus de rétablissement, je les fais en privé, avec les personnes concernées et prêtes à les recevoir.

Par soucis de transparence, particulièrement pour les plus jeunes qui m’ont suivi depuis des années, je partage une infime partie de mon cheminement qui est loin d’être terminé. 

Depuis très jeune, j’ai ignoré les problèmes que j’avais, j’ai étourdi mon mal-être avec l’alcool, la drogue et plus tard le travail. J’ai oublié de faire attention à l’humain et aux gens autour de moi. Je ne veux en aucun cas me cacher derrière cette maladie. Je suis un alcoolique et je me rétablis, un jour à la fois. 

L’intoxication volontaire n’excuse aucun geste, je crois néanmoins qu’il serait trop facile de balayer cet aspect du revers de la main et d’ignorer le sujet. Il est encore trop tôt dans mon processus de rétablissement, j’espère tout de même qu’éventuellement on pourra parler de la place de l’alcool et la drogue dans notre univers social et des ravages qu’ils peuvent causer. À mon avis, cette discussion est essentielle et doit être faites sans tabou. J’entends souvent qu’il faut éduquer les jeunes. C’est seulement en remontant à la source du problème qu’on arrive à trouver des solutions. 

J’ai entamé un long processus thérapeutique qui durera toute ma vie. J’ai aussi intégré des groupes de jeunes hommes qui veulent s’en sortir et discuter sans être jugés. Je côtoie beaucoup de tristesse, de souffrance, de gens en recherche de repères, mais malgré tout, beaucoup d’espoir.
Cette prise de parole, je ne la fais pas dans le but d’annoncer un retour. Je la fais pour présenter mes excuses aux personnes que j’ai profondément blessées. Je la fais aussi par respect pour les gens qui me suivent depuis des années, mais surtout pour mes proches, mon amoureuse et mes petits frères. 

Pour 2021, je nous souhaite un dialogue. Je crois que la discussion reste la meilleure solution à beaucoup de maux.
Je vous envoie beaucoup d’amour.
Julien. »

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Source: Facebook Rosalie Vaillancourt · Crédit Photo: Facebook Rosalie Vaillancourt