Patrick Huard règle finalement ses comptes avec un réputé journaliste

Leur chicane a duré près de 10 ans

Monde de Stars

Voilà bientôt 10 ans que c'est la guerre entre Patrick Huard et le journaliste de La Presse Marc Cassivi. Le tout a commencé en 2010 après une chronique très négative de Cassivi au sujet du film Filière 13, réalisé par Patrick Huard. La situation a rapidement escaladé et au fil des semaines, la situation s'est envenimée au point où ces deux-là n'étaient vraiment pas à inviter au même party. Mais le temps fait parfois bien les choses et après des années de différends, les deux hommes ont décidé de faire le paix.

Vendredi matin, La Presse publie la réconciliation entre les deux, dans un texte qui prend la forme d'une longue conversation pleine de nuance, de bon sens et de réflexions sur la vie.

Voici quelques extraits du texte que l'on vous suggère fortement de lire en intégralité dans La Presse:

«MARC CASSIVI : Après la publication de ma chronique sur Filière 13, tu es allé à la radio, chez Franco Nuovo, et tu as dit que si tu en avais l’occasion, tu me servirais du spaghetti « passé date ». Je devrais me méfier ?

PATRICK HUARD : Haha !

M.C. : On me reparle souvent de ce papier-là. J’étais à la radio, cet automne chez Marie-Louise Arsenault, et on parlait, avec René Homier-Roy et Nathalie Petrowski, des fois où l’on avait été les plus durs dans nos critiques. C’est l’exemple qui a été donné. J’ai changé depuis, je crois.

P.H. : Moi aussi, après ma réaction initiale et mes commentaires à chaud, j’ai changé. Avec le recul, je trouvais que je n’avais pas respecté les règles du jeu. Tu ne peux pas être pour la liberté d’expression, véritablement, et jouer au « bully » avec quelqu’un qui ne s’exprime pas comme tu l’aurais voulu. D’un autre côté, je trouvais qu’il fallait aussi que j’aie le droit d’exprimer ce que je ressentais et ce que je pensais, mais en m’élevant au-dessus d’un certain discours. C’était vraiment la méthode Trump d’il y a 10 ans.»

Il faut se rappeler que ce combat de coqs s'est déroulée à une période où les médias sociaux étaient en train de prendre de plus en plus de place dans nos vies. L'un comme l'autre voulaient faire plaisir à leur base de fans qui se régalaient de cette petite guerre entre deux personnalités connues. Mais avec du recul, les deux hommes admettent qu'il s'agissait surtout d'orgueil mal placé. 

«C’était une affaire d’orgueil, affirme Patrick Huard. J’ai répondu avec une attaque personnelle. Ça venait de loin. Des petites craques de ta part, il y en avait eu avant aussi. Sur le premier Bon cop, bad cop, par exemple. Je les accumulais. On aime faire de l’effet. Il faut se l’avouer. Je savais très bien qu’en te répondant sur ce ton-là, je faisais plaisir à une bonne partie de mon public. Mais ça n’élève pas le discours pour autant. Avec plus de perspective, en vieillissant, tu te rends compte que l’arrogance, c’est un énorme manque de confiance. Tu veux faire ta place, tu veux faire ta marque. Et des fois, tu n’as pas de considération pour l’autre. »

Cette conversation qui a duré deux heures a permis aux deux hommes d'enterrer la hache de guerre une fois pour toutes et de faire preuve d'une bonne dose d'humilité en reconnaissant leurs torts et en affirmant qu'ils feraient les choses différemment aujourd'hui.

Le mot de la fin revient à Patrick Huard:

«L’important, c’est de faire évoluer la pensée. Ça pourrait d’ailleurs être la conclusion de nos réconciliations ! Notre pensée a évolué pendant toutes ces années. On a changé un peu, mais fondamentalement, pas tant que ça. En vieillissant, on réussit à se débarrasser d’une ou deux conneries, mais pour le reste, nos qualités s’améliorent et nos défauts s’empirent. Si on ne donne pas le temps à la pensée d’évoluer, et qu’on laisse aux réseaux sociaux le soin de gérer les sujets, ça n’a pas de sens. Il faut se donner le temps de discuter, d’échanger, de réfléchir. Et de changer d’idée.»