
Nathalie Simard porte plainte après avoir été ciblée par des messages haineux sur Facebook
La chanteuse passe à l'action après qu'une page Facebook a ridiculisé les agressions
Nathalie Simard refuse de rester les bras croisés. Après avoir été la cible de messages haineux sur les réseaux sociaux cette semaine, la chanteuse et animatrice québécoise a confirmé avoir officiellement déposé une plainte auprès des autorités policières. En entrevue avec Isabelle Richer à Radio-Canada, elle a livré un témoignage bouleversant sur l'impact de ces attaques et sur sa volonté de transformer cette épreuve en combat collectif.
Tout a commencé plus tôt cette semaine lorsqu'une page Facebook fermée, portant un nom hostile à l'endroit de la chanteuse, a diffusé des contenus haineux visant à ridiculiser les agressions sexuelles qu'elle a subies alors qu'elle n'avait que neuf ans. Une utilisatrice y a notamment publié la photo d'une manette de télévision, une référence directe et cruelle au chef d'accusation d'agression armée qui avait été déposé contre son ancien imprésario Guy Cloutier. Face à cette attaque, Nathalie Simard a d'abord réagi publiquement avec une publication intitulée « La bassesse numérique », dans laquelle elle a dénoncé avec force ce qu'elle considère comme un acte de banalisation de la pédophilie.

Dans sa réponse, l'artiste de 57 ans n'a pas mâché ses mots. Elle a rappelé que derrière cette « histoire », il y avait une véritable enfant de neuf ans, sans défense, agressée par un homme de 40 ans. Elle a souligné que critiquer la femme qu'elle est devenue est une chose, mais que tourner en dérision la souffrance d'une enfant victime d'abus sexuels dépasse toutes les limites de la décence.
Le témoignage de Nathalie Simard à Radio-Canada
Lors de son entretien avec Isabelle Richer, Nathalie Simard a révélé à quel point ces attaques l'ont ébranlée, malgré ses 50 années de vie publique et son engagement de longue date dans la sensibilisation aux violences sexuelles. Elle a confié avoir été saisie d'un véritable choc en découvrant ces commentaires : « Honnêtement, je ne pensais pas que ça allait me bouleverser autant. Tu sais, sur le coup, c'est comme un choc. C'est comme quand une agression se passe, tu figes, tu fais ça se peut pas. Qu'est-ce qui vient de se passer? »
Bien qu'elle rejette le terme de « victime » et préfère se définir comme une survivante, la chanteuse reconnaît que cette vague de haine l'a replongée dans un état de vulnérabilité qu'elle connaît trop bien. Elle a toutefois insisté sur le fait que sa démarche dépasse largement sa propre personne : « Je le fais pas seulement pour moi, mais bien pour les autres femmes et les hommes qui ont subi le même sort que moi. »
Sur la question de sa plainte, Nathalie Simard a été on ne peut plus claire : « C'est clair. J'ai déjà porté plainte. J'attends des nouvelles parce que je pense qu'il faut brasser la cage. Il faut brasser, il faut voir jusqu'où on peut aller et qu'est-ce qu'on peut faire collectivement, ensemble. » La page Facebook en question a été fermée le 27 octobre, mais la chanteuse n'entend pas en rester là et souhaite que les responsables soient poursuivis.
Au cours de l'entrevue, elle a également exprimé une profonde inquiétude pour les jeunes victimes de cyberintimidation, évoquant les cas de partage non consenti de photos intimes après une rupture et rappelant que ces situations poussent parfois des adolescents à poser des gestes irréparables. Pour elle, la lutte contre la haine en ligne nécessite une action concertée entre les victimes, les forces de l'ordre et le gouvernement. Elle préconise notamment l'imposition de sanctions financières sévères, comparant la haine en ligne aux excès de vitesse sur l'autoroute : des amendes salées qui forceraient les gens à réfléchir avant d'agir. Elle a aussi dénoncé la lâcheté des harceleurs qui se cachent derrière de faux comptes et des photos de profil anonymes, des gens qui, selon elle, n'oseraient jamais tenir de tels propos à visage découvert. Voyez l'entrevue:
Rappelons que la publication de Nathalie Simard dénonçant ces attaques a généré une vague massive de solidarité, cumulant plus de trois millions de vues avant le retrait de la page haineuse. Depuis sa révélation publique en 2005, lorsqu'elle avait fait lever l'ordonnance de non-publication qui protégeait son identité en tant que victime de Guy Cloutier, la chanteuse originaire de l'Île d'Orléans n'a jamais cessé de militer pour les victimes de violences sexuelles, que ce soit à travers sa fondation, ses conférences dans les écoles ou son rôle de porte-parole de l'organisme « La bouée ».
Nathalie Simard attend maintenant le suivi de sa plainte et promet de continuer à utiliser sa voix pour faire avancer les choses. Comme elle l'a si bien résumé en entrevue : « Réfléchis avec tes doigts avant d'écrire quoi que ce soit. »
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À propos de l'auteur
Directeur du contenu numérique
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