Mathieu Lacombe
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Mathieu Lacombe prêt à frapper fort avec le retrait de Télé-Québec du marché publicitaire

Le ministre de la Culture pourrait retirer Télé-Québec de la pub et demande à Ottawa d'en faire autant avec Radio-Canada.

Esad Avdic

Esad Avdic

Le ministre québécois de la Culture, Mathieu Lacombe, vient de poser un geste qui pourrait transformer le paysage médiatique de la province. En réponse à un nouvel appel à l'aide lancé par Pierre Karl Péladeau, le patron de Québecor, le ministre s'est dit favorable au retrait de Radio-Canada du marché publicitaire et a même annoncé qu'il envisageait sérieusement de faire de même avec Télé-Québec, le diffuseur public provincial. Une déclaration qui a fait l'effet d'une bombe dans le milieu audiovisuel québécois.

Un cri d'alarme partagé par le politique et le privé

C'est en marge de l'assemblée générale annuelle de Groupe TVA que Pierre Karl Péladeau a une nouvelle fois tiré la sonnette d'alarme sur la situation critique des médias privés au Québec. Le président par intérim du groupe a dénoncé ce qu'il qualifie de concurrence déloyale exercée par Radio-Canada sur le marché de la publicité, alors que les revenus des diffuseurs privés sont aspirés par les géants numériques comme Google, Meta et les autres plateformes regroupées sous l'acronyme GAFAM. Péladeau a imploré les gouvernements de lui accorder un « petit break », estimant que la survie de la production télévisuelle québécoise est en jeu.

Lors d'une mêlée de presse tenue à l'Assemblée nationale le même jour, Mathieu Lacombe a clairement indiqué qu'il partageait les inquiétudes du dirigeant de Québecor. « Je pense que M. Péladeau a raison d'être inquiet parce que moi aussi je suis inquiet », a déclaré sans détour le ministre de la Culture. Ce dernier avait déjà exprimé par le passé son souhait de voir la société d'État fédérale quitter le marché publicitaire, mais cette fois, il va plus loin en mettant sur la table un geste concret relevant de sa propre compétence.

Lacombe a en effet affirmé qu'il était disposé à retirer Télé-Québec du marché de la publicité afin que, selon ses propres mots, « les bottines suivent les babines ». Puisque Radio-Canada relève du gouvernement fédéral et qu'il ne peut agir directement sur sa gestion, le ministre souhaite montrer l'exemple en posant un geste sur le diffuseur public qui est sous sa responsabilité. Il a précisé que cette mesure représenterait quelques millions de dollars en revenus perdus pour Télé-Québec, sans toutefois avancer de montant précis.

Un plan d'action attendu et des tensions politiques

Au-delà de cette annonce sur le marché publicitaire, Mathieu Lacombe a promis le dévoilement d'une stratégie « costaude » d'ici la fête nationale du Québec, le 24 juin. Ce plan d'action très attendu par l'industrie audiovisuelle donnera suite aux recommandations formulées par le Groupe de travail sur l'avenir de l'audiovisuel, dont le rapport a été déposé l'été précédent.

La situation a également provoqué des échanges musclés à l'Assemblée nationale. Sol Zanetti, co-porte-parole de Québec solidaire, a interpellé le ministre pour s'assurer que tout plan d'aide aux diffuseurs soit conditionnel au respect des conventions collectives des travailleurs du milieu. Cette intervention fait écho à des pressions récentes exercées sur un syndicat de techniciens pour réduire les budgets de production, et ce, malgré les contrats de travail existants. Lacombe a répondu en insistant sur le fait que son objectif n'était pas simplement de « faire un chèque » aux diffuseurs, mais bien de repenser les modèles d'affaires de l'industrie. Il a ajouté que gérer la décroissance ou sabrer dans les conventions collectives ne constituaient pas des solutions viables.

Du côté du Parti québécois, le député Pascal Bérubé a qualifié la situation de « fort préoccupante pour la culture québécoise », soulignant que les premiers indicateurs financiers de Noovo et de Québecor étaient alarmants en ce qui concerne la production de créations originales. La première ministre Christine Fréchette, quant à elle, a reconnu que le secteur culturel vivait une transformation majeure liée au numérique et qu'une approche adaptée à cette nouvelle réalité s'imposait.

Le milieu audiovisuel québécois retient donc son souffle en attendant le plan gouvernemental promis pour la Saint-Jean-Baptiste, espérant que les mesures annoncées seront à la hauteur d'une crise que tous les acteurs, privés comme publics, politiques comme culturels — reconnaissent désormais comme urgente.

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À propos de l'auteur

Esad Avdic
Esad Avdic

Directeur du contenu numérique

Passionné de culture québécoise et véritable mangeur en série d'émissions de télé et de sports en tout genre, il combine ses talents en écriture ainsi que son immense créativité dans ses articles, le tout en apportant une touche humoristique bien à lui. Prenant un immense plaisir à tenter de deviner ce qui nous attends dans la suite d'Antigang ou Indéfendable, il partage avec passion les idées qui germent dans son esprit avec les lecteurs. Diplômé d’arts et lettres au Cégep de Limoilou ainsi que d’intégration multimédia au Cégep de Sainte-Foy, il combine ses deux passions, soit l'écriture et les divers médias numériques, en une seule: soit dans la rédaction d’articles en ligne pour plusieurs sites du groupe d’Attraction Numérique.

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