Mark Carney
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Mark Carney se moque ouvertement de Donald Trump et fait éclater de rire toute la salle

Mark Carney imite la fameuse gestuelle de Donald Trump en pleine conférence de presse

Esad Avdic

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Mark Carney ne manque décidément pas d'audace. Lors de la conférence du caucus national du Parti libéral sur la Colline du Parlement à Ottawa ce vendredi 18 septembre, le premier ministre canadien s'est permis un petit moment de moquerie à l'endroit de Donald Trump en reproduisant sa célèbre gestuelle des « mains en accordéon », ce mouvement si caractéristique que le président américain effectue lorsqu'il prend la parole. La salle s'est immédiatement esclaffée, et Carney lui-même n'a pas pu retenir un sourire amusé. Un instant de légèreté qui intervient dans un contexte diplomatique particulièrement tendu entre Ottawa et Washington.

Ce moment d'humour survient alors que les relations canado-américaines traversent une période charnière. Plus tôt cette semaine, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé au Canada un statut inédit de « membre associé » de l'Union européenne, une première dans l'histoire du bloc. Cette annonce, faite en présence de Carney devant le Parlement européen, a provoqué une ovation debout de la part des eurodéputés. Et du côté de Washington, la réaction ne s'est pas fait attendre. Trump a qualifié l'initiative de « ridicule » et de « risible », menaçant d'imposer des droits de douane sévères sur l'Europe si ce rapprochement était perçu comme un « acte hostile ».

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Face à ces intimidations, le premier ministre canadien a choisi de répondre avec un mélange de fermeté et d'humour. Devant le Parlement européen, il a livré un discours sans jamais nommer directement Trump, mais en répondant clairement à ses provocations. « Nous ne sommes pas des alliés de beau temps. Nous ne recherchons pas des accords à somme nulle », a lancé Carney, dans une allusion à peine voilée aux méthodes transactionnelles du locataire de la Maison-Blanche. Il a également martelé que « personne ne va nous dire quelle langue nous parlons, personne ne va dicter notre culture ou avec qui nous pouvons conclure des accords à l'international ».

Le Canada de Carney refuse de reculer devant les menaces

Si l'imitation des mains en accordéon a fait rire bien des observateurs, certaines voix se sont tout de même élevées pour souligner que, bien que Trump le mérite amplement, ce genre de moquerie pourrait ne pas être la stratégie la plus prudente sur le plan diplomatique. Il faut dire que le président américain n'est pas reconnu pour son sens de l'autodérision, et que les représailles commerciales qu'il brandit ne sont pas à prendre à la légère.

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Mais force est de constater que l'approche de Carney semble porter ses fruits auprès de la population canadienne. Selon un sondage Abacus Data réalisé en début de mois, pas moins de 80 % des Canadiens se déclarent favorables à une coopération plus étroite avec l'Union européenne dans les domaines économique, diplomatique et militaire. Près de la moitié d'entre eux iraient même jusqu'à soutenir une adhésion complète au bloc européen. La politique agressive de Trump, qui a multiplié les humiliations en évoquant l'annexion du Canada comme 51e État américain, semble avoir produit exactement l'effet inverse de celui espéré.

Voyez la vidéo de Mark Carney qui imite la gestuelle de Donald Trump ci-dessous:

Les pistes de collaboration entre Ottawa et Bruxelles sont d'ailleurs nombreuses et ambitieuses. Carney a proposé que le Canada rejoigne le programme Erasmus+ pour les échanges étudiants et élargisse sa participation au programme de recherche Horizon Europe. Des collaborations renforcées dans l'intelligence artificielle, les minéraux critiques, la défense et l'énergie sont également sur la table. Le Canada est par ailleurs déjà devenu le premier pays non européen à intégrer le programme de défense SAFE.

Du côté européen, les menaces de Trump n'ont pas davantage impressionné. Le ministre français chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, a rappelé que Washington n'avait aucun droit de veto sur les décisions de l'UE. « Ce n'est pas aux États-Unis, ou à quiconque d'autre, de choisir la direction politique et géopolitique des Européens », a-t-il tranché.

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Des obstacles subsistent, notamment la non-ratification du CETA par une dizaine de pays européens et le déséquilibre commercial encore massif entre les échanges canado-européens et canado-américains. Mais la direction est clairement prise. Et si le petit numéro d'imitation de Carney a fait sourire la planète entière, il illustre surtout un changement de ton profond : le Canada ne tremble plus devant les menaces de son voisin du sud et n'hésite plus à le montrer, avec autant de fermeté que d'humour.

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À propos de l'auteur

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Directeur du contenu numérique

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