Mark Carney
Mark Carney / X
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Mark Carney pourrait ravir à Donald Trump le prix Nobel de la paix

Le premier ministre canadien est devenu un sérieux prétendant au Nobel

Esad Avdic

Esad Avdic

Et si le premier ministre canadien Mark Carney s'emparer du prix le plus prestigieux au monde sous le nez de Donald Trump qui en fabule depuis longtemps? L'hypothèse, qui aurait semblé farfelue il y a un an, est aujourd'hui prise très au sérieux par les observateurs internationaux. En effet, selon Rob Gillies, de l'Associated Press, le dirigeant canadien, devenu une véritable figure de la résistance face aux ambitions américaines, s'est hissé en tête des marchés de prédiction pour le prix Nobel de la paix 2026, dont le lauréat sera dévoilé le 9 octobre à Oslo.

Sur la plateforme Kalshi, un marché de prédictions américain, Carney a brièvement atteint 14 % de chances de remporter le prestigieux prix, devançant des organisations humanitaires comme Médecins sans frontières et les Salles d'intervention d'urgence du Soudan. Si ses cotes ont ensuite fluctué, le simple fait qu'un chef d'État en guerre commerciale ouverte avec Washington se retrouve parmi les favoris en dit long sur l'impact de son action diplomatique.

Ce qui rend cette perspective particulièrement savoureuse, c'est que Donald Trump ne cache pas depuis des mois qu'il estime mériter ce prix. Le président américain, qui a été désigné deux fois « Personnalité de l'année » par le magazine Time, s'est plaint publiquement et à de nombreuses reprises de ne jamais avoir reçu le Nobel. En juillet dernier, il affirmait qu'il aurait dû le remporter « plus que quiconque ». Trump possède d'ailleurs physiquement une médaille Nobel, celle de la Vénézuélienne María Corina Machado, lauréate 2025, qui la lui a remise en personne à la Maison-Blanche en janvier. Le Comité Nobel a toutefois rappelé que le prix demeurait celui de Mme Machado.

Mark Carney, le leader que le monde attendait

L'ascension internationale de Mark Carney a véritablement débuté en janvier 2026 au Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Alors que les dirigeants européens se retrouvaient déstabilisés par les menaces de Trump concernant le Groenland et les droits de douane, le premier ministre canadien a livré un discours qui a électrisé l'assemblée. « Nous sommes en pleine rupture, et non en pleine transition », a-t-il lancé, obtenant une ovation debout.

Mark Carney
Mark Carney / X

Son message est limpide et porteur d'espoir : les puissances moyennes ne sont pas condamnées à se soumettre une par une aux exigences des grandes puissances. Elles ont la capacité de bâtir un nouvel ordre fondé sur le respect des droits de la personne, le développement durable et la souveraineté des États. Un discours qui tranche radicalement avec celui de Trump, lequel a menacé d'« annihiler » l'Iran lors de son allocution à l'Assemblée générale des Nations unies et mène parallèlement une guerre au Moyen-Orient ayant déjà coûté la vie à au moins 19 soldats américains.

Depuis Davos, Carney est passé de la parole aux actes. Il a rapproché le Canada de l'Europe de manière historique, au point que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé de faire du Canada le tout premier « membre associé » de l'Union européenne. Les parlementaires européens lui ont réservé une nouvelle ovation debout lors de sa visite récente. Il a également multiplié les contacts en Asie pour tisser de nouvelles alliances.

Le magazine Time l'a d'ailleurs inclus parmi les 100 personnalités les plus influentes de 2026. Le professeur Scott Galloway, de l'Université de New York, n'hésite pas à le qualifier de « leader que l'Europe recherche depuis 20 ans » et se dit convaincu que le titre de « Personnalité de l'année » du Time, qui sera annoncé le 10 décembre, lui revient déjà.

Donald Trump
Donald Trump / La Maison Blanche

Daniel Béland, professeur de sciences politiques à l'Université McGill, résume bien l'ambiance en imaginant la scène : « Si cela devait arriver, j'adorerais être une petite souris dans le Bureau ovale pour voir le visage du président lorsqu'il l'apprendra. » Nelson Wiseman, professeur émérite à l'Université de Toronto, souligne quant à lui que la stature internationale de Carney repose sur un fait simple mais puissant : il a tenu tête à Trump là où tant d'autres se sont empressés de négocier.

Alors que la guerre commerciale entre Washington et Ottawa continue de s'intensifier, avec des tarifs douaniers de 50 % imposés par les Américains et des représailles « dollar pour dollar » du côté canadien, Carney maintient une posture à la fois ferme et pragmatique. Il a indiqué vouloir continuer à collaborer avec les États-Unis sur d'autres enjeux internationaux, tout en refusant de céder sur la souveraineté canadienne. Une approche qui, visiblement, séduit bien au-delà des frontières du Canada.

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À propos de l'auteur

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Esad Avdic

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