Marieve Breton
Marieve Breton / Télé-Québec
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Marieve Breton de Liquidation Marie répond à ceux qui l'accusent de bâtir sa richesse sur la misère des gens

L'entrepreneure derrière Liquidation Marie réplique avec aplomb à ses détracteurs

Esad Avdic

Esad Avdic

Marie-Ève Breton, la femme derrière l'épicerie à rabais Liquidation Marie, ne se laisse pas déstabiliser par les critiques. Lors de son passage à l'émission Y'a du monde à messe, diffusée sur Télé-Québec, l'entrepreneure a été confrontée à une question directe et potentiellement déstabilisante : que répond-elle à ceux qui prétendent qu'elle se construit une fortune sur le dos des personnes démunies? Sa réponse, franche et posée, mérite d'être entendue.

C'est Christian Bégin, l'animateur lui-même qui a joué le rôle d'avocat du diable en posant la question qui fâche. Et plutôt que de se braquer, Marie-Ève Breton a offert une réplique mesurée mais ferme. Elle a déclaré sans détour qu'elle n'était pas d'accord avec cette lecture de son entreprise. Selon elle, Liquidation Marie permet au contraire à des centaines de personnes de se procurer de la nourriture dans la dignité, sans avoir à se tourner vers les banques alimentaires. En libérant des places dans ces organismes communautaires, son commerce contribue même à aider indirectement ceux qui sont dans des situations encore plus précaires.

Visionnez l'extrait de cette réponse percutante ici avant de poursuivre votre lecture:

Une épicerie née d'une épreuve personnelle

Pour bien comprendre la portée de cette réponse, il faut connaître l'histoire de Liquidation Marie. L'entreprise est née il y a 13 ans, à une époque où Marie-Ève traversait elle-même des difficultés financières liées à un projet de maternité. C'est en vivant cette précarité qu'elle a découvert l'euphorie de dénicher de bonnes aubaines et qu'elle a voulu partager ce sentiment avec le plus grand nombre. Avec son conjoint, elle a bâti un modèle d'affaires fondé sur les opportunités : produits déclassés, aliments dont la date de péremption approche ou est dépassée, fruits et légumes imparfaits, et parfois même des articles non alimentaires comme des matelas ou des portes de douche.

Le concept est simple mais exige un changement de mentalité de la part des consommateurs. Chez Liquidation Marie, pas de circulaire hebdomadaire. Les clients achètent ce qui est disponible au moment de leur visite et composent leurs repas à partir de ces trouvailles. L'épicerie encourage un véritable retour aux sources, où l'on réapprend à cuisiner, à acheter en plus gros formats et même à faire de la mise en conserve. Un esprit d'entraide règne dans le magasin : il n'est pas rare de voir des clients se partager une caisse de cerises ou échanger des recettes entre les allées.

Marie-Ève mène aussi un combat quotidien contre ce qu'elle appelle la « peur maladive » des dates de péremption. Elle consacre une partie de son énergie à éduquer les consommateurs, en leur expliquant que de nombreux produits, comme le yogourt ou le fromage, restent parfaitement bons bien après la date inscrite sur l'emballage. Cette date n'est souvent qu'un indicateur de fraîcheur optimale, pas une sentence de mort pour l'aliment.

La discussion à Y'a du monde à messe a aussi permis de soulever des enjeux plus larges. L'animateur a notamment fait remarquer qu'il trouvait troublant qu'un filet de sécurité alimentaire aussi précieux repose sur les épaules d'une citoyenne plutôt que sur l'État. Il a souligné que l'initiative de Marie-Ève, aussi louable soit-elle, ne règle pas les problèmes systémiques du système alimentaire québécois et vient plutôt colmater les brèches là où le gouvernement devrait intervenir.

La politicienne Sonia LeBel, également présente sur le plateau, a reconnu la sensibilité du gouvernement à ces questions et a évoqué une réflexion collective en cours, notamment pour mieux soutenir les banques alimentaires. Toutefois, le constat demeure : contrairement à la France, qui interdit depuis plus d'une décennie de jeter de la nourriture encore consommable, le Québec ne dispose pas encore d'un cadre législatif imposant la justice alimentaire.

Ce qui ressort clairement de cette entrevue, c'est que la clientèle de Liquidation Marie est bien plus diversifiée que ce que les critiques pourraient imaginer. On y retrouve autant des familles à revenus modestes que des consommateurs soucieux de l'environnement qui refusent de payer le gros prix pour un emballage impeccable. Marie-Ève Breton s'efforce d'ailleurs d'enlever toute honte associée au fait de fréquenter un commerce de liquidation, en rappelant que faire des économies intelligentes n'a rien de dégradant.

Pour découvrir l'ensemble de cette entrevue riche en réflexions sur notre rapport à l'alimentation et au gaspillage, visionnez le passage complet de Marie-Ève Breton à Y'a du monde à messe ici :

L'épisode complet est également disponible en ligne sur le site de Télé-Québec pour ceux qui souhaitent approfondir la discussion.

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À propos de l'auteur

Esad Avdic
Esad Avdic

Directeur du contenu numérique

Quand il n’est pas devant sa télé à dévorer un film, une série ou un match du CH, Esad transmet avec passion toutes les informations concernent diverses nouvelles que ça soit dans le sport ou le showbiz.

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