
Marie-Ève Beaulieu répond publiquement aux commentaires d'un individu après sa sortie publique
L'actrice québécoise réplique avec aplomb
Marie-Ève Beaulieu ne se laisse pas démonter. Après avoir fait les manchettes ces dernières semaines en dénonçant ouvertement la précarité financière qui touche de nombreux artistes québécois, la comédienne bien connue du public a décidé de répondre directement à une personne qui multipliait les commentaires désobligeants sous l'une de ses publications. Plutôt que de nommer la personne en question, elle a simplement choisi de l'appeler « X », mais le message qu'elle lui adresse est on ne peut plus clair.
Dans un texte publié sur ses réseaux sociaux, l'actrice a d'abord posé un constat qui donne le ton : il existe selon elle une profonde méprise, doublée d'un violent mépris, envers les artistes. Et elle ose aller plus loin en affirmant que ce mépris vise tout particulièrement les femmes artistes. Elle a ensuite partagé la réponse qu'elle a formulée à l'attention de cet individu, qu'elle décrit comme quelqu'un ayant « besoin de beaucoup d'amour » et qui représente un mince échantillon d'une « minorité bruyante ».
Une réplique posée mais sans détour
Dans sa lettre ouverte adressée à ce mystérieux « X », Marie-Ève Beaulieu rappelle que, comme bon nombre de ses collègues qu'elle qualifie de talentueux, débrouillards et travaillants, elle a dû se réinventer à plusieurs reprises au fil des années, et ce, bien avant la pandémie. Elle révèle notamment avoir travaillé comme enseignante au primaire, un milieu qu'elle respecte profondément et pour lequel elle exprime une grande admiration. Elle précise toutefois qu'une actrice ne s'improvise pas professeure, même si elle possède certaines qualités humaines qui, selon ses propres termes, « ne semblent pas être données à tout le monde ».
La comédienne raconte avoir persévéré dans ce rôle d'enseignante malgré des conditions extrêmement difficiles, dans un contexte où même des professionnels qualifiés finissaient par jeter l'éponge. À son départ, la direction et les enseignants lui auraient même demandé de témoigner publiquement de son expérience pour appuyer leur propre combat. Un passage qui illustre bien la polyvalence et la résilience dont elle fait preuve depuis des années.
Elle affirme avoir choisi de défendre la cause des artistes parce qu'il s'agit de son métier, de sa formation et de sa passion. Elle souligne que malgré une présence concrète dans les foyers québécois par l'entremise de la télévision, une certaine réalité mérite d'être mise en lumière. Et elle conclut sa réponse avec une phrase qui résonne comme un avertissement : « Ne doutez pas de notre résilience. »
Une prise de parole qui s'inscrit dans un combat plus large
Cette réponse à « X » ne survient pas dans le vide. Elle s'inscrit dans une démarche que Marie-Ève Beaulieu a entamée il y a quelques semaines déjà, d'abord par un témoignage personnel publié dans La Presse, puis lors d'une entrevue accordée à QUB Radio avec Stéphane Ricoul. Lors de cette entrevue, celle que le public a découverte dans des productions comme Discussions avec mes parents, L'échappée et Antigang a révélé que ses revenus annuels avaient oscillé entre 130 000 dollars lors de bonnes années et aussi peu que 5 000 dollars quand les contrats se faisaient rares. Elle a confié avoir tourné à peine 16 jours certaines années, malgré un parcours ponctué de rôles marquants.
La comédienne a également raconté s'être vu refuser l'aide sociale parce qu'elle vivait en couple et que, selon les règles du système, son conjoint devait subvenir à ses besoins. Une situation qu'elle juge choquante et qui met en lumière l'inadéquation des programmes de soutien social face aux revenus irréguliers des travailleurs culturels. Pour donner une idée de l'ampleur du problème, elle a rappelé que le revenu moyen des membres de l'Union des artistes se situe aux alentours de 20 000 dollars par année.
Dans son témoignage écrit, elle plaidait aussi pour la mise en place d'un véritable filet de sécurité pour les artistes, s'inspirant du modèle des intermittents du spectacle en France ou encore d'un programme irlandais qui permet à environ 2 200 créateurs de recevoir 1 300 euros par mois afin de se consacrer à leur art sans être constamment freinés par la précarité.
Malgré les critiques et les commentaires désobligeants, Marie-Ève Beaulieu ne semble pas prête à baisser les bras. Au contraire, chaque attaque semble renforcer sa détermination à briser les tabous entourant la condition financière des artistes au Québec. Son message demeure le même : la visibilité à l'écran ne garantit en rien la prospérité, et il est temps que cette réalité soit reconnue par l'ensemble de la société. Elle termine d'ailleurs sa publication en remerciant chaleureusement toutes les personnes qui joignent leur voix à la sienne pour faire avancer cette cause.
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À propos de l'auteur
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