
Les rôles les plus marquants de Marc Messier qui vient de s'éteindre à 78 ans
Le Québec perd l'un de ses acteurs les plus aimés, célèbre pour ses rôles inoubliables au théâtre et à l'écran.
Le Québec est en deuil. Marc Messier, l'un des comédiens les plus appréciés de la province, est décédé à l'âge de 78 ans. L'agence Goodwin a confirmé la triste nouvelle par voie de communiqué.
Reconnu pour son talent immense et son ton pince-sans-rire devenu légendaire, l'acteur natif de Granby laisse derrière lui un héritage artistique absolument colossal qui a marqué plusieurs générations de Québécois.
Une carrière bâtie sur les planches et devant la caméra
Pour des millions de spectateurs, Marc Messier était avant tout l'un des trois mousquetaires de la pièce de théâtre Broue, qu'il a créée en 1979 aux côtés de Michel Côté et Marcel Gauthier.
Ce qui devait être une série de sketches campés dans une taverne québécoise est devenu, contre toute attente, un phénomène culturel sans précédent. La pièce a d'ailleurs obtenu un record Guinness en 2006, étant reconnue comme celle ayant été jouée le plus grand nombre de fois par la même distribution. Le trio a finalement tiré sa révérence en 2017 après 38 années et pas moins de 3322 représentations, un exploit qui ne sera probablement jamais égalé dans l'histoire du théâtre québécois.

Mais l'artiste ne se limitait pas à ce seul triomphe. Au petit écran, il a incarné des personnages devenus cultes dans l'imaginaire collectif.
Dans la populaire franchise Les Boys, Marc Messier a marqué les esprits en incarnant Bob Chicoine, un joueur de hockey au caractère bien trempé et à l'humour bien à lui. Son personnage est rapidement devenu l'un des favoris du public, notamment grâce à la célèbre expression « la dureté du mental », qui est entrée dans le langage populaire québécois. Sa performance a grandement contribué au succès de cette série de films devenue un véritable classique.

Dans la série Lance et compte, Marc Messier interprétait Marc Gagnon, un personnage marquant de cette saga télévisuelle qui a passionné des générations de Québécois. Son jeu authentique et sa présence à l'écran ont permis de donner encore plus de profondeur à une série qui mêlait avec brio le hockey, les rivalités, les ambitions et les drames personnels.

Dans La petite vie, Marc Messier incarnait Réjean Pinard, le conjoint de Thérèse Paré, interprétée par Diane Lavallée. Avec son tempérament réservé et ses nombreuses scènes mémorables, Réjean est devenu l'un des personnages appréciés de cette sitcom légendaire.
Diffusée de 1993 à 1999, La petite vie demeure l'émission de fiction la plus regardée de l'histoire de la télévision québécoise et a profondément marqué la culture populaire.

Son parcours au grand écran n'était pas en reste. Marc Messier a notamment participé au film Jésus de Montréal de Denys Arcand en 1989, à la série Omertà II : La Loi du silence en 1997, ainsi qu'aux séries et au long métrage Grande Ourse entre 2004 et 2009. Il a aussi contribué à plusieurs éditions du traditionnel Bye Bye de fin d'année, de 1978 à 1981, puis en 1984 et 1985, et une dernière fois en 2018.
Un amour du jeu né sur les bancs d'école
Sur les planches, au-delà de Broue, Messier a fait partie de la distribution de la pièce culte Les voisins en 1982, écrite par Claude Meunier et Louis Saia, ce dernier étant un ami proche et collaborateur de longue date qui avait d'ailleurs cosigné Broue. Il a également participé à l'adaptation en téléfilm de cette pièce en 1987.
Après avoir mis un terme à l'aventure Broue, le comédien s'est tourné vers de nouveaux défis. En 2017, il a troqué l'humour pour le drame en montant La mort d'un commis voyageur, où il incarnait un vendeur ayant perdu ses illusions face au rêve américain. Ce projet faisait partie de sa liste de souhaits artistiques pour l'après-Broue. Puis, en 2021, il a réalisé un autre de ses rêves en créant Seul… en scène!, un spectacle solo à mi-chemin entre l'humour et le théâtre dans lequel il racontait sa vie et explorait sa relation avec son propre ego. Pour ce projet très personnel, il avait écrit les textes avec le soutien de Louis Saia et de Mani Soleymanlou, qui assurait également la mise en scène.
Né en août 1947 à Granby, Marc Messier avait d'abord été attiré par le hockey et le baseball dans sa jeunesse. C'est un exercice scolaire qui a tout changé. Son professeur d'anglais au collège Monseigneur Prince avait demandé à ses élèves de mémoriser un monologue tiré d'Hamlet. En le récitant devant ses camarades de classe, le jeune Messier avait vécu une sorte de révélation. Il avait raconté au Devoir s'être lancé à genoux devant ses compagnons, habité par une émotion qu'il n'avait jamais ressentie auparavant. Ce n'était pas tant le théâtre en soi qui l'avait bouleversé, mais plutôt cette capacité de sortir de lui-même, une expérience rare pour un adolescent de 15 ans.
Le Québec perd avec Marc Messier un artiste d'une polyvalence remarquable, capable de faire rire aux larmes dans une taverne fictive comme de toucher profondément dans un drame. Son empreinte sur la culture québécoise demeure indélébile.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.
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