Radio-Canada
Radio-Canada
Nouvelles

Le Parti républicain de Donald Trump révoque l'accréditation de CBC/Radio-Canada

Le diffuseur public canadien se voit refuser l'accès à un événement politique majeur aux États-Unis.

Esad Avdic

Esad Avdic

Le Parti républicain américain a décidé de retirer les accréditations de presse de CBC/Radio-Canada pour sa convention de mi-mandat prévue les 9 et 10 septembre à Dallas, au Texas nous apprend CBC. Une décision qui s'inscrit dans un climat de tensions croissantes entre le Canada et les États-Unis, et qui soulève de sérieuses questions sur la liberté de presse et le traitement réservé aux médias canadiens par l'administration Trump.

Chuck Thompson, responsable des affaires publiques à CBC, a confirmé que le Comité national républicain (RNC) avait officiellement révoqué les accréditations du diffuseur public canadien. Dans une déclaration écrite, il a qualifié cette décision de « développement décevant », exprimant l'espoir qu'elle soit reconsidérée. Le diffuseur a indiqué qu'il examinait la situation de près.

Le prétexte invoqué par les républicains est la fuite d'une note interne de CBC, rendue publique le 27 août, dans laquelle le directeur principal des normes journalistiques, Basem Boshra, rappelait aux employés la politique de longue date du diffuseur consistant à éviter d'utiliser les termes « terroriste » et « terrorisme » sans les attribuer à une source. Cette directive, qui existait depuis des années, visait à maintenir une rigueur journalistique dans le choix des mots, une pratique courante dans plusieurs grands médias à travers le monde.

Le RNC a envoyé une lettre à CBC/Radio-Canada dès le 28 août, accusant le diffuseur de refuser de s'excuser pour sa politique éditoriale. La lettre précisait que permettre à des journalistes de CBC de couvrir la convention serait une « insulte » aux victimes des attentats du 11 septembre 2001. Plusieurs figures politiques républicaines se sont empressées de jeter de l'huile sur le feu. Le directeur du FBI, Kash Patel, a qualifié la politique de CBC d'« insulte aux âmes perdues lors de la plus grande attaque terroriste de l'histoire américaine ». La présidente de la Conférence républicaine de la Chambre des représentants, Lisa McClain, a quant à elle exigé des excuses de la part de ce qu'elle a appelé « la gauche radicale » au Canada.

CBC/Radio-Canada au cœur d'une tempête politique

Face à l'ampleur de la controverse, CBC a rapidement ajusté ses directives linguistiques. Dès le 28 août, Basem Boshra a publié un billet précisant que l'attribution directe n'était plus nécessaire pour décrire les événements historiques du 11 septembre comme du terrorisme. Il a souligné que cette modification visait à « éliminer ce qui est malheureusement et involontairement devenu un obstacle à la clarté et à la compréhension publique ». Boshra a également tenu à rappeler que CBC avait produit des milliers de reportages offrant un compte rendu sans complaisance des attaques dévastatrices perpétrées par al-Qaïda.

Malgré cet ajustement rapide, le Parti républicain a maintenu sa décision de révoquer les accréditations, ce qui laisse penser que la note interne n'était peut-être qu'un prétexte commode dans un contexte politique déjà très tendu entre Ottawa et Washington. Les relations canado-américaines traversent en effet une période particulièrement difficile, marquée par des sanctions réciproques et une rhétorique agressive de part et d'autre de la frontière.

Il convient de noter que cette décision du Parti républicain n'est pas un cas isolé. Le département du Trésor américain a également retiré les accréditations de journalistes du New York Times, de Bloomberg News et du Wall Street Journal pour la couverture d'une réunion du G20 en Caroline du Nord. Un geste qui témoigne d'une tendance inquiétante à limiter l'accès des médias aux événements politiques et diplomatiques majeurs.

Pour le Canada, cette situation représente un affront envers son diffuseur public national, une institution qui joue un rôle essentiel dans l'information des Canadiens. La convention de mi-mandat, qui précède les élections où les 435 sièges de la Chambre des représentants et un tiers des 100 sièges du Sénat seront en jeu, constitue un événement d'une importance considérable que les Canadiens ont tout intérêt à suivre de près, compte tenu des répercussions directes de la politique américaine sur leur quotidien. Reste à voir si le RNC reviendra sur sa décision ou si CBC/Radio-Canada devra trouver d'autres moyens pour couvrir cet événement politique incontournable.

Inscrivez-vous à notre infolettre

Recevez les dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception.

À propos de l'auteur

Esad Avdic
Esad Avdic

Directeur du contenu numérique

Quand il n’est pas devant sa télé à dévorer un film, une série ou un match du CH, Esad transmet avec passion toutes les informations concernent diverses nouvelles que ça soit dans le sport ou le showbiz.

Lire la suite
Monde de Stars

Votre source de nouvelles du showbiz québécois

© 2026 Attraction Web S.E.C. Tous droits réservés.