Marie-Claude Barrette
Marie-Claude Barrette / Radio-Canada

Le documentaire Marie contre Goliath fait bouger les choses pour protéger la population

Le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette dit avoir été touché par le documentaire de Marie-Claude Barrette

Eso Handanagic

Eso Handanagic

Le monde du divertissement québécois est en émoi, mais cette fois, ce n'est pas pour un tapis rouge ou une première cinématographique. Le gouvernement du Québec a décidé de s'attaquer de front à un fléau qui touche de plus en plus de nos personnalités préférées : les hypertrucages (ou deepfakes). Grâce à l'intelligence artificielle, des fraudeurs utilisent l'image et la voix de vedettes adorées du public pour promouvoir des produits bidon ou des stratagèmes financiers douteux. Face à cette menace grandissante, le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, et le ministre des Finances, Eric Girard, ont déposé un projet de loi musclé pour protéger la population.

Une armée de vedettes ciblées par les fraudeurs

Vous avez peut-être déjà croisé, en faisant défiler votre fil d'actualité sur les réseaux sociaux, une vidéo de Véronique Cloutier vantant un produit amaigrissant miracle, ou de Gérald Filion prodiguant des conseils sur la cryptomonnaie. Ne vous y trompez pas : ce sont des pièges.

Le ministre Jolin-Barrette a d'ailleurs dressé une liste impressionnante de personnalités dont l'identité a été usurpée sans leur consentement : Marie-Pierre Morin, Claude Legault, Marie-Claude Barrette, Ève-Marie Lortie, Normand Brathwaite, Sophie Thibeault et bien d'autres. Les fraudeurs utilisent leur notoriété comme appât pour attirer les consommateurs vers des publicités frauduleuses. Les conséquences sont réelles : un Québécois sur quatre déclare avoir déjà été victime de fraude ou d'extorsion, avec des pertes moyennes de plus de 4 000 $, pouvant parfois atteindre des centaines de milliers de dollars.

L'étincelle : Le documentaire de Marie-Claude Barrette

Fait saillant de cette annonce gouvernementale, le ministre Simon Jolin-Barrette a admis avoir été profondément sensibilisé et touché par le travail documentaire de l'animatrice Marie-Claude Barrette. Ce visionnage lui a permis de mieux saisir la détresse des victimes et l'urgence de leur besoin principal : que ces publicités trompeuses disparaissent le plus rapidement possible de l'espace numérique.

Marie-Claude Barrette
Marie-Claude Barrette / Radio-Canada

« Marie contre Goliath » : Une quête de justice nécessaire

Le documentaire en question, intitulé Marie contre Goliath, est une production d'Attraction réalisée par Christian Lalumière. Ce film de 60 minutes, qui a été diffusé sur ICI TÉLÉ et ICI au mois de mars 2025, suit la quête de justice de Marie-Claude Barrette. Tout a commencé en septembre 2023, lorsqu'elle a découvert avec stupeur qu'elle servait de visage à une fraude à la cryptomonnaie sur Facebook.

Le documentaire Marie contre Goliath
Le documentaire Marie contre Goliath / Radio-Canada

Devant l'inaction du géant Meta pour retirer ces publicités, l'animatrice a décidé de ne pas se laisser faire et d'intenter un recours collectif. Dans le documentaire, elle part à la rencontre d'autres victimes, comme une personne ayant perdu 90 000 $, et discute avec des experts en cybercriminalité comme Benoît Dupont et Sylvain Paquette. Elle donne également la parole à d'autres personnalités touchées, dont Véronique Cloutier et Guy A. Lepage.

Le projet se décline aussi en une série balado de quatre épisodes sur Radio-Canada OHdio. Marie-Claude Barrette y explore les mécanismes psychologiques de la fraude avec le neuropsychologue Dave Ellemberg et compare la situation du Canada avec celle de la France en discutant avec la journaliste Élise Lucet.

Québec serre la vis aux plateformes

Inspiré par ce combat, le gouvernement veut donner des pouvoirs d’ordonnance à l’Autorité des marchés financiers (AMF) et à l’Office de protection du consommateur (OPC). Ces organismes pourront désormais forcer les diffuseurs, comme Facebook ou X, à retirer immédiatement les publicités utilisant l'image d'une personne sans son consentement.

Les entreprises récalcitrantes s'exposent à des amendes salées pouvant atteindre 125 000 $ ou 5 % de leur chiffre d’affaires mondial. L'objectif est clair : agir vite pour limiter le nombre de victimes. En attendant que la loi soit adoptée, la prudence reste de mise. Comme le rappelle le ministre Eric Girard, le jugement demeure la meilleure ligne de défense face aux offres qui semblent trop belles pour être vraies

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