
La riposte de Bruno Marchand aux tuques injurieuses a permis d'amasser plus de 60 000$ pour Lauberivière
Le DG de Lauberivière affirme que cet argent inattendu «change tout» pour le refuge.
Il y a quelques jours, on vous racontait comment le maire de Québec, Bruno Marchand, avait transformé une tentative d'humiliation publique en un formidable élan de solidarité. Alors que des tuques portant l'inscription « Va chier Marchand » étaient vendues par un commerçant du boulevard Sainte-Anne, le maire avait répliqué avec classe en invitant les citoyens à texter le mot « VIE » au 41010 pour faire un don de 20 $ au refuge Lauberivière. Eh bien, les résultats dépassent maintenant toutes les attentes.
Dans sa plus récente mise à jour, Bruno Marchand révèle que l'initiative des textos a permis de récolter plus de 60 000 $ au profit de Lauberivière. Un montant absolument remarquable qui témoigne de la générosité des citoyens de Québec et de leur volonté de transformer une polémique en quelque chose de concret pour les plus vulnérables.

Éric Boulay de Lauberivière qualifie la mobilisation de « monstre »
De son côté, Éric Boulay, directeur général de Lauberivière, était de passage au FM93 pour commenter cette vague de dons sans précédent. Juste avant son entrée en studio, le compteur affichait déjà 2 761 textos reçus pour un total de 55 220 $, mais comme indiqué ci-haut, le montant dépasse maintenant les 60 000$. Le dirigeant n'a pas hésité à qualifier la réaction de la population de « monstre » et l'intensité de la générosité de « jamais vu ». Selon lui, ce montant « qui tombe du ciel » change littéralement tout pour la gestion quotidienne du refuge.
Et quand on comprend l'ampleur des besoins auxquels fait face Lauberivière, on saisit mieux pourquoi chaque dollar compte autant. Au cours de la dernière année, pas moins de 5 346 personnes différentes ont franchi les portes de l'organisme. Quotidiennement, le refuge sert entre 500 et 1 800 repas et comptabilise environ 55 000 nuitées par année. Pour assurer un accompagnement adéquat auprès d'une clientèle aussi nombreuse et aux besoins de plus en plus complexes, Éric Boulay insiste sur l'importance d'avoir du personnel de qualité, formé et professionnel.
Le directeur général a également profité de son passage en ondes pour dresser un portrait saisissant de la transformation du visage de l'itinérance à Québec. Il souligne que 70 % des personnes hébergées à Lauberivière n'avaient jamais connu l'itinérance ni sollicité l'aide d'un refuge auparavant. L'organisme, qui servait autrefois de « dernier recours », est devenu le « premier recours » pour plusieurs personnes privées d'alternatives. Le refuge accueille désormais régulièrement des travailleurs et même des gens qui possèdent leur propre voiture. Un phénomène qu'Éric Boulay observait déjà il y a une dizaine d'années, mais qui est aujourd'hui devenu une réalité fréquente.
Parmi les facteurs qui expliquent cette hausse de la demande, le DG pointe la montée du coût de la vie, la flambée des prix à l'épicerie et les difficultés croissantes d'accès au logement. Pour s'attaquer au problème à la source, il plaide pour la création de logements abordables, de logements sociaux et de logements assortis d'un accompagnement adapté. Écoutez les confidences d'Éric Boulay au micro su FM93:
Une chose est certaine, le geste de Bruno Marchand aura eu des retombées bien au-delà de ce que quiconque aurait pu imaginer. Ce qui avait commencé par une tuque insultante vendue à 19,99 $ s'est transformé en une collecte historique pour l'un des organismes les plus essentiels de la ville de Québec.
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À propos de l'auteur
Directeur du contenu numérique
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