
Isabelle Brouillette se confie sur la solitude de la maladie et le soutien de ses proches
La comédienne de STAT livre un témoignage poignant sur son combat contre le cancer et la vie après.
La comédienne Isabelle Brouillette, bien connue du public pour son rôle marquant dans la quotidienne STAT, continue de livrer des confidences d'une grande authenticité sur son parcours depuis son diagnostic de cancer du septum nasal. Dans une entrevue réalisée avec son collègue Lou-Pascal Tremblay, qui jouait son fils Jacob à l'écran, elle revient sur les moments les plus difficiles de cette épreuve, mais aussi sur la lumière qui a fini par percer à travers l'obscurité. Nous vous invitons à visionner la vidéo intégrée ci-dessous pour découvrir l'intégralité de cet échange d'une rare intensité.
Rappelons que la maladie d'Isabelle Brouillette a nécessité une intervention chirurgicale majeure, soit l'ablation de son nez. Une réalité qui, pour une femme dont le métier repose en partie sur l'image, a représenté un véritable séisme identitaire. Pourtant, au fil des mois, l'actrice a entamé un long processus d'apprivoisement, portée par l'amour inconditionnel de son entourage.
La solitude dans la souffrance et la force de l'amour
Dans un extrait dévoilé sur les réseaux sociaux et que vous pouvez voir au bas de la page, Isabelle Brouillette aborde un aspect particulièrement intime de son vécu : la peur du rejet et la solitude inhérente à la maladie. Elle confie que cette crainte d'être repoussée après les transformations subies par son visage l'a profondément habitée.

« Ça m'inquiétait beaucoup d'être rejetée. C'est un peu inconscient, là. C'est des peurs très profondes. »
Malgré tout, elle reconnaît que les innombrables messages de soutien et la présence de ses proches ont été déterminants pour garder la tête hors de l'eau. Elle souligne toutefois une vérité que bien des gens qui traversent la maladie connaissent trop bien.
« Quand on est malade, il y a tout le monde qui nous supporte, qui nous encourage, qui fait qu'on reste la tête hors de l'eau. Mais on souffre seul. Ça on s'en sort pas. »
Elle raconte aussi avec émotion le rôle de son frère, qui aurait voulu absorber sa douleur à sa place. « Il voulait toute la prendre. Mais on ne peut pas. Mais ce qu'on peut, c'est soutenir les gens. » Sa mère, quant à elle, lui répétait se sentir impuissante face à la situation. La réponse d'Isabelle est d'une simplicité désarmante : « Non, ce n'est pas vrai. Ton amour, c'est tout ce dont j'ai besoin. »
Au fil de cette longue conversation avec Lou-Pascal Tremblay, on découvre une femme qui a traversé l'enfer mais qui a choisi de ne pas se laisser définir par ses cicatrices. Elle décrit un cheminement lent, fait de petites victoires quotidiennes, où l'on finit par apprivoiser ce qui semblait d'abord impossible à accepter.
« Un moment donné, les mois passent, puis cette nouvelle réalité s'installe. On apprivoise, on apprivoise, on apprivoise. On a reçu beaucoup d'amour et d'acceptation. Je pense que c'était ça la clé. Si j'avais eu du rejet, on entend malheureusement que des conjoints se font laisser quand ils ont des très gros diagnostics. Ça n'a pas été mon cas. »

Elle utilise une métaphore toute simple mais puissante pour illustrer sa renaissance : celle d'une petite fleur qui finit par percer à travers la roche. « J'étais comme de la roche. Puis un moment donné, je reviens, là. Je reviens parce que mon énergie est en train de se rebâtir. Puis là, ce qui ressort, bien, finalement, c'est moi encore. »
Un avenir professionnel encore incertain
Si Isabelle Brouillette a retrouvé les planches du Théâtre La Licorne dans la pièce Changer de vie, un projet qui résonne d'ailleurs profondément avec sa propre histoire, la réalité du côté de la télévision est tout autre. La comédienne admet candidement que personne ne l'a contactée pour des projets de tournage depuis son retour.
« Mais pour l'avenir, je suis encore très perplexe. Il y a personne qui m'a appelée, là. J'ai pas eu d'offre de tournage. Donc là, on va voir. Il y a un petit fond de crainte ou d'espérance, crainte et espérance mélangées. Mais c'est un défi pour tout le monde, ma face. »

Plutôt que de se laisser envahir par l'anxiété, elle a fait un choix conscient et courageux. « Je me fais le cadeau d'avoir confiance. Parce que pendant ce temps-là, je suis bien. Sinon, je ne serais pas bien. En plus de vivre ça. »
Cette phrase a d'ailleurs profondément touché le public. Dans les commentaires sous la vidéo, plusieurs personnes ont souligné la puissance de ces mots, dont une internaute qui a écrit : « Je me suis fait le cadeau d'avoir confiance. Merci pour cette phrase. »
L'entretien était d'autant plus chargé d'émotion que la mère de Lou-Pascal Tremblay combat elle aussi le cancer en ce moment. La complicité entre les deux acteurs a permis de créer un espace de parole rare, où la vulnérabilité n'est pas une faiblesse mais une force partagée. Voyez le tout ci-dessous:
Le témoignage d'Isabelle Brouillette nous rappelle que derrière les projecteurs et les personnages se trouvent des êtres humains confrontés aux mêmes épreuves que tout le monde. Son courage et sa transparence face à cette réalité sont un cadeau précieux pour tous ceux et celles qui traversent des moments similaires. On lui souhaite de tout coeur que l'industrie saura reconnaître que son talent n'a jamais eu besoin d'un visage parfait pour briller.
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À propos de l'auteur
Directeur du contenu numérique
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