
Guylaine Guay: « J'ai perdu connaissance »
Elle dévoile tous les détails de sa chirurgie en Allemagne
De passage à l'émission Véronique et les Fantastiques, Guylaine Guay s'est livrée avec une franchise désarmante sur son séjour de trois semaines en Allemagne, où elle a subi une première chirurgie majeure pour traiter son lipœdème. L'animatrice et autrice de 57 ans, connue notamment pour ses rôles dans Caméra Café, Les Bougon et Le cœur a ses raisons, a qualifié cette aventure médicale d'expérience la plus « surréelle » et « spirituelle » de toute sa vie.
Le lipœdème est une maladie hormonodépendante qui entraîne une accumulation de nodules graisseux douloureux, principalement sur les jambes et les bras. Diagnostiquée il y a environ deux ans, Guylaine avait d'abord publié un livre sur le sujet, Corps gras, ma quête personnelle pour mieux comprendre le lipœdème, paru en 2025. Mais la maladie, qui touche environ une femme sur dix, n'est toujours pas reconnue ni prise en charge au Canada. Atteinte au stade 3, l'animatrice voyait sa mobilité et sa qualité de vie se détériorer de façon importante, ce qui l'a poussée à prendre la décision courageuse de se rendre à Berlin pour y être opérée.
Guylaine a entrepris ce voyage seule, remerciant au passage son conjoint Steve d'avoir veillé sur leurs garçons pendant son absence. Consciente des risques liés à une chirurgie majeure sous anesthésie générale, elle avait pris soin de mettre à jour ses assurances et même son testament avant de partir. Durant l'été, elle s'était également préparée physiquement en faisant de l'aquaforme afin de renforcer son cœur et d'arriver sur la table d'opération dans les meilleures conditions possibles.
Le trajet vers l'Allemagne s'est avéré une épreuve en soi. Pour la première fois de sa vie, Guylaine a dû faire appel au service d'assistance à la mobilité des compagnies aériennes. Sa correspondance à Toronto a été particulièrement complexe : elle estime avoir utilisé environ 14 véhicules différents, entre chaises roulantes, voiturettes et petits trains d'aéroport, le tout orchestré par une quinzaine d'employés. Une expérience d'abandon et de lâcher-prise qu'elle a vécue avec beaucoup d'humilité.
Guylaine Guay raconte sa chirurgie et sa convalescence en Allemagne
Une fois sur place, Guylaine a séjourné six jours à l'hôpital, soit la veille de l'intervention et cinq jours de récupération postopératoire, sous la supervision de l'équipe du docteur Ghods. Elle avait choisi ce chirurgien précisément pour son encadrement hospitalier prolongé. Mais la réalité de la salle d'opération lui a réservé quelques surprises. Bien qu'on lui ait assuré que le personnel parlait anglais, l'équipe s'exprimait presque exclusivement en allemand. Guylaine s'est retrouvée nue sur une table en inox, entourée d'une douzaine de professionnels en tenue médicale. Elle garde un souvenir attendrissant d'une infirmière d'une soixantaine d'années qui l'encourageait en lui faisant des « fist bumps ». Au moment où le masque d'anesthésie a été posé sur son visage, prise de nausées, elle a regardé toute l'équipe et leur a lancé un « Ich liebe dich » (« je vous aime »), provoquant un éclat de rire général juste avant qu'elle ne s'endorme.
Lors de cette première opération, on lui a retiré pas moins de 14 litres de tissus graisseux malades à l'avant des jambes, à travers 18 incisions pratiquées pour le passage des canules. Le réveil a été brutal. La douleur était si intense que Guylaine a appuyé environ quarante fois sur le bouton d'appel des infirmières durant sa première nuit et a dû recevoir de fortes doses d'antidouleurs, dont de l'oxycodone.
Le lendemain, un premier vêtement de compression, qui lui avait été enfilé alors qu'elle était encore endormie, a dû être remplacé par un nouveau modèle confectionné sur mesure par une couturière sur place. Le retrait de ce vêtement sur ses jambes meurtries a provoqué une souffrance inimaginable. Au moment d'enfiler le nouveau, sous l'effet combiné de la douleur et des médicaments, Guylaine a eu le temps de prévenir l'infirmière d'un « I'm going away » avant de perdre connaissance. Elle raconte même avoir rêvé qu'elle jouait au baseball pendant son évanouissement.
Malgré toutes ces épreuves, Guylaine a trouvé du réconfort dans la solidarité entre patientes. Tout l'étage de la clinique réunissait des femmes opérées pour la même maladie, venues d'Irlande, de Londres, des États-Unis et du Canada. Elle s'est liée d'amitié avec une Canadienne anglaise prénommée Mégane et a pu compter sur la présence de deux Québécoises, Anne-Marie et Stéphanie, cette dernière étant sa voisine de chambre. Le conjoint de Stéphanie, Bruno, allait même faire les courses à la pharmacie pour elles.
Avec son humour habituel, l'animatrice a également raconté le moment où, après le retrait de sa sonde urinaire, une infirmière ukrainienne l'a accompagnée à la salle de bain et lui a installé une imposante protection hygiénique qu'elle a décrite comme allant « coast to coast ». À ce stade, a-t-elle confié en riant, tout orgueil disparaît complètement.
De retour au Québec, Guylaine affirme avoir les jambes encore très enflées et douloureuses, mais elle assure avoir tout aimé de cette aventure humaine. Elle bénéficie du soutien quotidien de Steve, de ses fils Léo et Clovis, ainsi que de sa massothérapeute Louise, qu'elle consulte trois fois par semaine pour des drainages lymphatiques essentiels à sa récupération. Toutefois, ce n'est que le début du parcours. Elle devra retourner en Allemagne dès janvier pour une deuxième intervention visant l'arrière de ses jambes, puis en mai pour une troisième chirurgie consacrée aux bras. Une quatrième opération pourrait même s'avérer nécessaire pour des ajustements. Voyez l'extrait ci-dessous:
Chaque séjour chirurgical représente une facture d'environ 30 000 dollars, incluant l'opération, l'hospitalisation, les billets d'avion, l'hébergement, les vêtements de compression sur mesure, les repas, les assurances et les soins de drainage lymphatique. À cela s'ajoutent les pertes de revenus liées à une longue convalescence. Face à l'ampleur de ces coûts, Guylaine a récemment demandé humblement l'aide du public en lançant une campagne GoFundMe. Dans son appel, elle écrit avec une sincérité touchante qu'elle sollicite le soutien de sa communauté pour « se rénover » et continuer à sensibiliser la population au lipœdème. La détermination de l'animatrice ne faiblit pas, portée par l'espoir d'une vie sans douleur et par la générosité de ceux qui l'accompagnent dans ce long parcours de reconstruction.
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À propos de l'auteur
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