
L'animateur de Tout le monde en parle en a long à dire
Si vous étiez confortablement installés devant votre téléviseur ce dimanche soir pour regarder Tout le monde en parle, vous avez sans doute dû vous frotter les yeux et les oreilles à quelques reprises. Le populaire talk-show dominical a en effet offert aux téléspectateurs ce qui est incontestablement l'entrevue la plus déjantée et surréaliste de la saison. Les invités responsables de ce moment de télévision d'anthologie ? Angine de Poitrine, un mystérieux duo musical expérimental originaire de Chicoutimi, au Saguenay, qui a littéralement enflammé le web québécois.
Arrivés sur le plateau vêtus d'immenses masques en papier mâché et de costumes recouverts de pois, les deux membres du groupe, répondant aux noms de Khn et Klek, n'ont laissé absolument personne indifférent. Le déroulement de l'entrevue était pour le moins atypique : c'est leur gérant, Sébastien Collin, qui s'est chargé de répondre aux questions de l'animateur Guy A. Lepage, justifiant ce choix par le fait que les deux artistes « ne parlent pas notre langue ». Le clou du spectacle s'est probablement produit après leur performance musicale, lorsque les mystérieux musiciens ont offert un hot-dog à l'animateur, un geste que leur gérant a très sérieusement décrit comme un acte de « communion ». Vers la fin de leur passage, Khn et Klek ont même pris la parole dans leur dialecte incompréhensible, offrant des réponses complètement décalées.
Dès le lendemain matin, l'entrevue était le sujet de conversation numéro un à la machine à café. Sur les réseaux sociaux, les téléspectateurs étaient visiblement divisés. Une partie du public était complètement perplexe, laissant des commentaires du genre « Qu’est-ce qui vient de se passer dans ma télé ?!!!!! » ou jugeant que ce type de performance n'avait pas sa place à l'émission. D'un autre côté, de nombreux internautes ont salué l'audace et la folie artistique du groupe, remerciant le duo pour cette pause rafraîchissante qui nourrit l'esprit avec un « 4e niveau d’humour et de conscience ».

Face à cette vague de commentaires fortement polarisés, l'animateur Guy A. Lepage a finalement brisé le silence deux jours après la diffusion de l'émission. Loin d'être ébranlé par les critiques, il s'est rendu sur ses réseaux sociaux pour réagir avec humour aux détracteurs. Voici en entier la publication que Guy A. Lepage a partagée plus tôt ce mardi :
« Tous les goûts (musicaux) sont dans la nature et les commentaires affluent concernant le passage de Angine de Poitrine à Tout le monde en parle. Certains détestent, la plupart aiment dont plusieurs artistes internationaux. Déjà plus de 2 millions de personnes à travers le monde ont regardé le réel de la perfo sur les réseaux sociaux en 24 heures et c’est loin d’être terminé. Les dénigreurs devront composer avec ce succès international qui ne fait que débuter. Angine va commencer une tournée mondiale et plusieurs spectacles sont déjà complets. Tant mieux pour eux. Je lis les commentaires désobligeants et je suis crampé en deux. Selon moi, dans le top 1000 des évènements qui sont indignes sur la planète présentement, je ne crois pas que Angine mérite d’en faire partie ! Et je constate avec une certaine satisfaction que tout le monde en parle ! ».
Mais pourquoi refusent-ils de montrer leurs visages ?
Si le groupe, qui qualifie son art de Mantra-Rock Dada Pythago-Cubiste, s'apprête à conquérir l'Europe et les États-Unis en 2026 avec la sortie de leur deuxième album Vol. II, une question continue de brûler les lèvres du public québécois : d'où vient cette idée de porter ces immenses costumes extravagants ?
Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette mise en scène intrigante n'était, au tout départ, qu'une simple blague. Les deux musiciens, qui collaborent ensemble depuis l'âge de 13 ans, s'étaient vu refuser la possibilité de se produire deux semaines consécutives dans la même salle de spectacle. Pour contourner cette interdiction de manière astucieuse, ils ont eu l'idée de présenter un premier concert sous leur véritable identité, pour ensuite revenir jouer un second spectacle en étant complètement déguisés.

« On avait comme lancé un peu à la blague : hey on va se déguiser, puis le monde ne saura pas que c'est nous autres », a avoué Khn lors d'une entrevue, expliquant que la situation a par la suite dégénéré pour se transformer en un véritable trip de scénographie et d'anonymat. Aujourd'hui, ce secret est devenu non seulement l'ADN de la formation, mais aussi un choix philosophique pleinement assumé. Pour le batteur Klek, l'exercice est devenu une fascinante expérience sociale qui remet en perspective l'importance de la gloire, du succès et de la validation par des inconnus.
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