Gilbert Rozon
Gilbert Rozon / TVA
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Gilbert Rozon renonce à son appel et versera 930 000 $ aux Courageuses

L'ex-magnat de l'humour met fin à neuf ans de bataille judiciaire en acceptant de payer les plaignantes

Esad Avdic

Esad Avdic

Après avoir été condamné au terme d'un procès civil retentissant le 31 mars dernier, Gilbert Rozon a décidé de ne pas contester le verdict. Le fondateur de Juste pour rire renonce officiellement à son droit d'appel et s'engage à verser un total de 930 000 $ aux neuf femmes qui l'ont poursuivi pour agressions sexuelles. Cette décision, annoncée mercredi par le cabinet d'avocats Trudel Johnston & Lespérance, met un point final à une saga judiciaire qui aura duré près de neuf ans.

Une entente qui clôt le dossier

Rappelons qu'à la fin du mois de mars, la juge Chantal Tremblay de la Cour supérieure avait statué que Gilbert Rozon avait bel et bien agressé sexuellement huit des neuf femmes qui le poursuivaient au civil. Le tribunal l'avait alors condamné à leur verser un montant total de 880 780 $ en dommages compensatoires et punitifs, les sommes individuelles variant entre 70 000 $ et 155 000 $ selon les cas. Dans son jugement de près de 450 pages, la magistrate n'avait pas hésité à qualifier l'ancien homme d'affaires de « prédateur sexuel », soulignant qu'il agissait de manière consciente et délibérée pour isoler ses victimes avant de les agresser.

Seule la poursuite de Marylena Sicari avait été rejetée, le tribunal estimant que le fardeau de la preuve n'avait pas été satisfait dans son cas. Or, l'entente conclue cette semaine prévoit justement un versement supplémentaire de 50 000 $ destiné à Mme Sicari, qui renonce en contrepartie à tout recours judiciaire futur. Ce montant additionnel devra être payé au plus tard le 18 juin 2026. L'avocate de Rozon, Me Mélanie Morin, a précisé que l'entente vise également à couvrir les intérêts, les indemnités additionnelles et certains frais judiciaires liés au jugement.

Les deux parties s'engagent mutuellement à ne pas porter le jugement en appel, ce qui scelle définitivement l'issue de cette affaire. Si Rozon avait choisi de contester la décision, l'ensemble du processus judiciaire aurait pu repartir de zéro, prolongeant encore davantage une épreuve déjà interminable pour les plaignantes.

Voyez un reportage avec tous les détails:

Des réactions partagées chez les victimes

Malgré cette résolution, toutes les plaignantes ne vivent pas cette conclusion de la même façon. Patricia Tulasne, l'une des demanderesses, a exprimé une certaine amertume face au dénouement. Elle a confié avoir l'impression de s'être encore une fois « mise à genoux » devant Rozon et d'avoir cédé à ses conditions. Selon elle, c'est encore lui qui dicte les règles du jeu, et les victimes n'ont d'autre choix que d'accepter.

Lors du prononcé du jugement en mars, le soulagement avait pourtant été immense parmi les membres du groupe surnommé « Les Courageuses ». Annick Charette avait alors déclaré que « le mot justice a enfin trouvé un sens », une phrase qui avait résonné bien au-delà des murs du palais de justice.

Cette victoire au civil revêtait une importance particulière puisqu'en décembre 2020, Rozon avait été acquitté dans le cadre d'un procès criminel portant sur des accusations de viol et d'attentat à la pudeur déposées par Annick Charette. La juge Mélanie Hébert avait alors rappelé qu'un acquittement ne signifie pas que le tribunal ne croit pas la victime, mais plutôt que la poursuite n'a pas réussi à démontrer la culpabilité hors de tout doute raisonnable.

Le procès civil, qui s'est étalé sur 60 jours d'audience répartis sur une période de dix mois, avait permis d'entendre non seulement les neuf plaignantes, mais aussi sept autres femmes venues témoigner des comportements similaires qu'elles auraient subis. Parmi ces témoins figuraient des personnalités connues du milieu artistique québécois, dont Julie Snyder, Salomé Corbo, Pénélope McQuade et Véronique Moreau, l'ex-conjointe de Rozon.

Les demanderesses réclamaient initialement plus de 14 millions de dollars pour des agressions, des viols et des inconduites sexuelles qui se seraient produits alors qu'elles avaient entre 15 et 35 ans, sur une période allant des années 1980 jusqu'à 2004. Le montant final accordé est donc bien en deçà de leurs demandes initiales, mais il représente néanmoins une reconnaissance judiciaire des torts subis.

Avec cette entente, toute l'affaire qui avait éclaté en 2017 dans la foulée du mouvement #MoiAussi se termine enfin. Gilbert Rozon, qui avait quitté ses fonctions et vendu l'empire Juste pour rire à l'époque des premières révélations, tourne ainsi la page sur le volet judiciaire de cette histoire, sans avoir prononcé le moindre mot de remords publiquement.

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À propos de l'auteur

Esad Avdic
Esad Avdic

Directeur du contenu numérique

Passionné de culture québécoise et véritable mangeur en série d'émissions de télé et de sports en tout genre, il combine ses talents en écriture ainsi que son immense créativité dans ses articles, le tout en apportant une touche humoristique bien à lui. Prenant un immense plaisir à tenter de deviner ce qui nous attends dans la suite d'Antigang ou Indéfendable, il partage avec passion les idées qui germent dans son esprit avec les lecteurs. Diplômé d’arts et lettres au Cégep de Limoilou ainsi que d’intégration multimédia au Cégep de Sainte-Foy, il combine ses deux passions, soit l'écriture et les divers médias numériques, en une seule: soit dans la rédaction d’articles en ligne pour plusieurs sites du groupe d’Attraction Numérique.

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Source: Radio-Canada

Cet article pourrait avoir été rédigé à l'aide de certains outils d'IA.

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