
Donald Trump poursuivi par Neil Young pour 10 millions de dollars
Le rockeur canadien en a assez et poursuit le comité du président américain
La légende du rock Neil Young, âgé de 80 ans, vient de déposer une poursuite de 10 millions de dollars américains contre le comité de financement Trump 47 Committee Inc. pour violation de droits d'auteur. En cause : l'utilisation répétée et non autorisée de sa chanson Rockin' in the Free World lors des rassemblements politiques du président américain Donald Trump, notamment en vue des élections de mi-mandat.
La poursuite, déposée lundi devant le tribunal fédéral de Richmond, en Virginie, fait référence spécifiquement à un rassemblement tenu le 12 octobre à Youngstown, en Ohio, où la chanson a été jouée juste avant que Trump ne monte sur scène. Selon le document de cinq pages, le morceau aurait également été diffusé à de nombreuses reprises lors d'autres événements destinés à encourager le vote républicain.
Dans leur plainte, les avocats de Young, Robert Besser et Scott Simmons, décrivent le titre de 1989 comme un hymne percutant qui oppose les promesses creuses de la rhétorique politique américaine aux dures réalités vécues par les pauvres, les sans-abri et les oubliés. Ils ajoutent que « la chanson est l'opposé de tout ce que Donald J. Trump représente ».
Un conflit qui dure depuis plus d'une décennie entre Neil Young et Trump
Ce n'est pas la première fois que le musicien d'origine canadienne, naturalisé américain, se retrouve en conflit juridique avec l'équipe de Trump. Tout a commencé en 2015, lorsque Trump a utilisé Rockin' in the Free World pour annoncer sa candidature à la présidence depuis la Trump Tower. Young avait immédiatement condamné cette utilisation, rappelant qu'il soutenait Bernie Sanders.
Malgré le retrait temporaire de la chanson de la liste de lecture, l'équipe de Trump l'a remise en 2018, puis à nouveau en 2020, cette fois accompagnée d'un autre titre, Devil's Sidewalk. Young avait alors intenté une poursuite contre l'entité Donald J. Trump for President Inc. Selon la nouvelle plainte, cette première affaire s'était réglée rapidement : l'organisation de Trump n'avait présenté aucune défense et avait promis de ne plus jamais utiliser la musique de Young sans licence ni permission.
Pourtant, malgré cet engagement et la pleine connaissance qu'une licence était nécessaire, le comité Trump 47 aurait « volontairement procédé » à la diffusion du morceau lors de ses récents événements. La poursuite affirme également que Trump était « personnellement au courant » qu'une autorisation serait requise et que Young ne l'accorderait jamais.

En plus des 10 millions de dollars en dommages, Young réclame le remboursement de ses frais d'avocats ainsi qu'une injonction interdisant au comité de jouer Rockin' in the Free World ou toute autre chanson de son catalogue lors de ses événements.
Young est loin d'être le seul artiste à s'opposer à l'utilisation de sa musique par Trump. Au fil des années, une longue liste de musiciens ont exprimé leur mécontentement, allant de Céline Dion à Aerosmith, en passant par ABBA, les Rolling Stones, Queen, Pharrell Williams, Tom Petty et la succession de Leonard Cohen. Plus récemment, des artistes comme Sabrina Carpenter, Katy Perry, Taylor Swift, Ariana Grande, Kesha et Olivia Rodrigo ont également dénoncé l'utilisation de leurs chansons par l'équipe Trump pour des publications sur les réseaux sociaux ou des rassemblements.
Ni la Maison-Blanche, qui a redirigé les demandes de commentaires vers le Comité national républicain, ni le comité Trump 47 n'avaient répondu aux sollicitations des médias au moment du dépôt de la poursuite. Pour sa part, Young, double intronisé au Rock & Roll Hall of Fame, tant en solo qu'en tant que membre de Buffalo Springfield, n'a jamais caché son opposition au président américain, le qualifiant publiquement de destructeur de l'Amérique.
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