
Colette Provencher a même été obligée de se déplacer sous escorte policière
Une enquête menée par les journalistes Félix Séguin et Maude Boutet a mis en lumière une réalité troublante qui afflige le milieu télévisuel québécois : dix des présentatrices météo les plus connues de la province sont la cible de harcèlement et de menaces de mort depuis maintenant sept ans,. Ces femmes, travaillant pour des réseaux concurrents comme TVA et Radio-Canada, reçoivent des lettres anonymes violentes qui semblent provenir du même individu, un suspect que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n'a toujours pas réussi à appréhender,.
Parmi ces victimes figurent des visages familiers du public, dont la vétérane Colette Provencher et la nouvelle recrue de Salut Bonjour, Marie-Andrée Leblond.
Colette Provencher, qui fait partie du paysage télévisuel depuis plus de 40 ans, a été profondément secouée par ces événements. Bien qu'elle ait récemment reçu les mêmes lettres de menaces que ses collègues, elle a choisi de ne pas porter plainte aux autorités cette fois-ci. Cependant, son passé est déjà lourd de conséquences liées au harcèlement : six hommes ont déjà été condamnés à la prison pour l'avoir harcelée apprend-on dans un article du JDM.
Dans le cadre de l'émission J.E., Mme Provencher a livré un témoignage émotif sur l'impact de ces crimes sur sa vie privée. Il y a quelques années, la situation était telle qu'elle devait se déplacer sous escorte policière entre son domicile et la salle des nouvelles de TVA pendant plusieurs semaines.

« J’ai des frissons partout sur le corps parce que je n’aime pas ça me rappeler ces moments-là. Ce sont des moments qui sont durs », a-t-elle confié. Elle décrit avec douleur la confrontation avec ses harceleurs : « Tu es rendue au palais de justice et la personne qui te fait des menaces est à côté de toi. La personne se croise les bras et elle est fière parce que son trophée est là ».
Elle conclut sur les séquelles psychologiques permanentes de telles épreuves : « Ça peut détruire une partie de notre être, de notre confiance, de notre bien-être et de notre vie ».
Pour Marie-Andrée Leblond, récemment arrivée à la barre de la météo à Salut Bonjour, le choc a été brutal. Elle a reçu quatre lettres contenant des propos dégradants et des insultes sur son apparence,.
« Moi, c’est une grande surprise parce qu’en arrivant dans ce poste-là, jamais je n’aurais pensé recevoir ce genre de lettres dégradantes », a souligné la présentatrice, étonnée que de telles réactions surviennent en 2026.
Le contenu des missives est particulièrement blessant. Mme Leblond raconte : « Il m’a écrit que je suis une greluche, une pétasse, que je ressemble aussi à Jar Jar Binks, de Star Wars. Il m’a même imprimé une photo pour me dire que ça, c’est toi, pétasse ». La première lettre débutait par : « Alors c’est donc toi la nouvelle greluche qui annonce l’esti de météo ».

Contrairement à certains cas précédents, Marie-Andrée Leblond a décidé de porter plainte au SPVM. « On ne niaise pas avec ça. Même si on est une seule [victime], il ne faut pas tolérer ça », a-t-elle affirmé fermement.
Lors d'une entrevue accordée à QUB, le journaliste Félix Séguin a offert des détails supplémentaires sur l'ampleur du dossier et la teneur des propos tenus par le harceleur. Il explique que c'est la présentatrice Émilie Brassard qui a d'abord sonné l'alarme en l'accostant pour lui parler de lettres « extrêmement violentes tant dans leur propos que dans leur intention »,.
Les lettres, souvent écrites à la main et sans adresse de retour, contiennent des menaces explicites. Félix Séguin a rapporté des extraits choquants reçus par les victimes : « Tu joues avec le feu connasse. Je vais te régler ton compte dans pas grand temps. Esti de pute ». Une autre lettre attaquait vicieusement une victime sur sa « face de suceuse de bite ».
L'enquête journalistique soulève de sérieuses questions sur le travail du SPVM. Selon Félix Séguin, « la majorité des présentatrices qu'on a interviewées estiment que le SPVM n'a pas du tout mis l'effort nécessaire pour épingler ce suspect ». Il a été révélé qu'au début de l'enquête, les policiers ont demandé à une victime comment elle était habillée, sous-entendant que sa tenue pouvait générer les lettres, une pratique qualifiée d'intolérable.
De plus, bien que les menaces perdurent depuis sept ans, les victimes se faisaient souvent dire par les policiers : « vous êtes la seule à avoir porté plainte », alors qu'elles étaient plusieurs à l'avoir fait. Le SPVM affirme avoir déployé de « multiples techniques d'enquête » sans succès pour identifier formellement un suspect.
Voyez les propos de Félix Séguin à QUB:
Voici également un extrait de ceq ui nous attend ce soir à 19h30 à J.E.:
Les conséquences pour les présentatrices sont graves : prise d'antidépresseurs, hypervigilance et peur constante d'être suivies jusqu'à leur voiture. Selon le psychiatre Gilles Chamberland, consulté pour le reportage, l'individu derrière ces lettres représente un danger réel car il fait une fixation sur ces femmes et pourrait être motivé à passer à l'acte.
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Cet article pourrait avoir été rédigé à l'aide de certains outils d'IA.