
Brenda Fricker, la dame aux pigeons de «Maman, j'ai encore raté l'avion» est décédée à 81 ans
L'actrice irlandaise Brenda Fricker, première Irlandaise à remporter un Oscar, s'est éteinte à Dublin.
Le monde du cinéma est en deuil. L'actrice irlandaise Brenda Fricker, connue pour son Oscar remporté grâce au film My Left Foot et pour son rôle inoubliable de dame aux pigeons dans Maman, j'ai encore raté l'avion, s'est éteinte le 16 juillet 2026 à Dublin, sa ville natale. Elle avait 81 ans. La nouvelle de son décès a suscité une vague d'hommages de la part de ses collègues, de personnalités politiques et de fans du monde entier.
Née le 17 février 1945 à Dublin, Brenda Fricker a entamé sa carrière d'actrice dès les années 1960, apparaissant notamment dans Tolka Row, considéré comme le tout premier feuilleton télévisé irlandais. Elle a ensuite fait une apparition dans le célèbre soap opera britannique Coronation Street en 1977, avant de décrocher un rôle dans Licking Hitler, un téléfilm écrit par David Hare, l'année suivante.
Une carrière marquée par un Oscar historique et des rôles emblématiques
C'est en 1986 que Fricker a véritablement marqué le petit écran en incarnant l'infirmière Megan Roach dans la série médicale britannique Casualty, diffusée sur la BBC. Elle faisait partie de la distribution dès le tout premier épisode et est restée un pilier de la série jusqu'en 1990, avant d'y effectuer des retours réguliers au fil des années, sa dernière apparition datant de 2010.
Mais c'est le grand écran qui lui a apporté la consécration ultime. En 1990, elle est entrée dans l'histoire en devenant la toute première actrice irlandaise à décrocher un Oscar, celui de la meilleure actrice dans un second rôle, pour sa performance dans My Left Foot. Dans ce film réalisé par Jim Sheridan, elle incarnait la mère de Christy Brown, un homme atteint de paralysie cérébrale qui ne pouvait contrôler que son pied gauche, interprété par Daniel Day-Lewis. Ce dernier avait lui aussi remporté la statuette dorée pour son rôle principal. Lors de cette cérémonie mémorable, Fricker avait devancé des actrices de renom comme Julia Roberts et Anjelica Huston.
Deux ans plus tard, elle s'est fait connaître d'un public encore plus large en incarnant la mystérieuse dame aux pigeons de Central Park dans Maman, j'ai encore raté l'avion, la suite du célèbre film avec Macaulay Culkin. Ce personnage touchant, qui se lie d'amitié avec le jeune Kevin perdu dans les rues de New York, est resté gravé dans la mémoire de toute une génération.

Sa filmographie comptait également des titres comme Quand Harriet découpe Charlie! en 1993, Une équipe aux anges en 1994, Le Droit de tuer? en 1996 et Veronica Guerin en 2003. Plus récemment, elle avait joué dans Le Club des Miracles en 2023.
Malgré cette reconnaissance internationale, l'actrice avait confié que l'Oscar n'avait pas eu que des effets positifs sur sa carrière. Dans une entrevue accordée au Times en 2024, elle avait évoqué ce qu'elle appelait « la vieille malédiction des Oscars ». Selon elle, cette récompense l'avait paradoxalement cantonnée à certains types de rôles et lui avait fermé des portes, notamment au théâtre. Avec son humour caractéristique, elle avait plaisanté en disant qu'on pourrait au moins accompagner la statuette d'un petit chèque.
Des hommages venus de partout
Son agent, Phil Belfield, a rendu un vibrant hommage à l'actrice en déclarant qu'on ne reverrait jamais quelqu'un comme elle et que le monde était diminué par son absence. Il a ajouté qu'il considérait comme un honneur d'avoir pu la connaître, l'aimer et travailler avec elle.
Ses anciens collègues de Casualty ont également exprimé leur peine. Derek Thompson, qui incarnait le personnage emblématique de Charlie Fairhead, l'a qualifiée de meilleure actrice avec laquelle il ait jamais travaillé au cours de toute sa carrière. Cathy Shipton, qui jouait Lisa « Duffy » Duffin, a pour sa part salué l'une des personnes les plus authentiques qu'elle ait jamais rencontrées, louant son courage, son intelligence et son brillant sens de l'humour. Elle a également révélé que les deux femmes partageaient un amour des chiens et que sa propre chienne Juno portait le nom du colley préféré de Fricker.

Du côté politique, le Tánaiste irlandais Simon Harris s'est dit profondément attristé par la disparition de celle qu'il a qualifiée de « trésor national ». Il a souligné qu'elle comptait parmi les plus grands talents que l'Irlande ait jamais produits et qu'elle avait été une véritable ambassadrice du talent irlandais sur la scène mondiale. L'ambassadeur américain en Irlande, Edward Walsh, a quant à lui salué « une géante du cinéma irlandais » dont le travail a permis de raconter les histoires de l'Irlande au monde entier.
Dans ses mémoires publiées l'année précédant son décès, Fricker avait levé le voile sur une enfance difficile, marquée par des violences de la part de sa mère et des traumatismes profonds vécus à l'adolescence. Malgré ces épreuves, elle gardait aussi des souvenirs lumineux de cette époque et considérait que sa vie avait été façonnée par la chance et d'heureux hasards. Une philosophie à l'image de cette actrice qui aura su toucher le cœur de millions de spectateurs à travers le monde.
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