
Une entrevue sous tension
Un débat particulièrement animé a récemment opposé Patrick Lagacé à Alexe Frédéric Migneault lors d’une entrevue diffusée au 98,5 FM.
Au cœur de la discussion : la décision du Tribunal des droits de la personne concernant un salon de coiffure de Longueuil, Station10, qui ne proposait que les options « homme » ou « femme » sur son formulaire de réservation en ligne.
Le Tribunal a conclu à une situation discriminatoire et imposé une amende de 500 $ au commerce. Mais l’affaire a suscité un vaste débat public, notamment en raison de la réclamation initiale de 12 500 $ en dommages moraux et punitifs déposée par la personne non-binaire impliquée.

Dès les premières minutes, Patrick Lagacé a adopté un ton direct, questionnant la pertinence d’un recours judiciaire dans un cas que plusieurs considèrent comme mineur. Il a exprimé un certain scepticisme face à l’ampleur de la démarche, laissant entendre que la situation pouvait paraître disproportionnée aux yeux d’une partie de la population.
L’animateur a aussi abordé la question du montant réclamé au départ. Il a demandé des explications sur la somme de 12 500 $, qu’il jugeait difficile à justifier dans le contexte d’un formulaire de réservation ne comportant pas d’option non-binaire.

De son côté, Alexe Frédéric Migneault a défendu sa position en affirmant que le dossier ne se limite pas à un incident isolé. Selon elleux, ce type de refus ou d’exclusion, même administratif, s’inscrit dans une accumulation de situations vécues par des personnes non-binaires qui finissent par avoir des répercussions réelles sur leur bien-être psychologique.
La demande initiale incluait, selon ses explications, des dommages liés à une période d’arrêt de travail attribuée à une détérioration de sa santé mentale, en plus d’une compensation morale. Bien que le Tribunal ait réduit considérablement l’indemnité, Alexe soutient que la démarche visait avant tout à faire reconnaître un principe : celui de l’inclusion et du respect des identités de genre.

En fin d’entretien, Patrick Lagacé a soulevé un point central : l’impact de ce type de combat sur l’opinion publique. Il s’est interrogé à savoir si ce genre de recours contribue réellement à faire avancer la cause ou s’il risque au contraire de polariser davantage le débat.
Alexe Frédéric Migneault a répondu que l’objectif n’était pas de créer la controverse, mais d’ouvrir une discussion plus large sur les réalités vécues par les personnes non-binaires. Pour elleux, exercer un recours légal face à une situation perçue comme discriminatoire demeure un droit légitime.

L’échange, parfois tendu, reflète bien la sensibilité du sujet et la diversité des opinions qu’il suscite. Entre la volonté d’inclusion et la perception d’exagération, le débat dépasse largement le cadre d’un simple salon de coiffure et met en lumière les enjeux contemporains liés à l’identité de genre et aux droits individuels.
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