
Louis Morissette prend l'affiche dans François.e et voici ce qu'on en a pensé
La comédie dramatique qui avait provoqué un tollé lors du dévoilement de sa bande-annonce arrive enfin en salles.
Le cinéma québécois accueille cette semaine un long métrage qui promet de faire jaser. François.e, une comédie dramatique réalisée par Jean-François Asselin, met en vedette Louis Morissette dans le rôle d'un scénariste quinquagénaire en perte de vitesse qui décide de cocher la case « transgenre » sur un formulaire de financement pour relancer sa carrière.
Le film, qui prend l'affiche aujourd'hui le 1er juillet, se positionne comme la première production québécoise destinée au grand public à aborder de front la question de la transidentité.
Dans cette histoire, François voit son projet télévisuel rejeté parce qu'il est jugé trop conventionnel et dépourvu de diversité. Par cynisme, il modifie sa demande et se présente désormais comme Françoise, une scénariste en transition.
Lorsque son projet est soudainement accepté, il se retrouve piégé dans son propre mensonge et doit retourner au travail sous cette nouvelle identité. Incapable de livrer un scénario authentique, il fait appel à Sarah, une véritable autrice trans interprétée par Pascale Drevillon, qui devient rapidement le coeur du récit.

Un film né dans la controverse mais porté par de bonnes intentions
La bande-annonce du film avait déclenché une vague d'indignation sur les réseaux sociaux lors de sa diffusion en avril dernier. Voir Louis Morissette affublé d'une perruque et de maquillage, jouant une personne trans, avait heurté plusieurs membres de la communauté. L'acteur a reconnu que cette réaction était tout à fait compréhensible, rappelant que les personnes trans ont été « violentées de différentes façons à travers les années ». Mais il a tenu à rassurer le public en affirmant que l'équipe venait « en paix » et que les premières réactions de ceux ayant visionné le film en avant-première se sont avérées positives.
Pour éviter les faux pas, la production a intégré 11 personnes trans dans le processus de création, que ce soit devant ou derrière la caméra. Parmi elles, Gabrielle Boulianne-Tremblay, autrice trans qui a cosigné le scénario avec Jean-François Léger. Ensemble, ils ont établi un lexique approprié et identifié les éléments susceptibles de blesser la communauté. Le réalisateur Jean-François Asselin, connu pour la série Plan B, a d'ailleurs insisté dès le départ sur un point fondamental auprès de Morissette : il ne fallait surtout pas que le résultat ressemble à une farce, même s'il s'agissait d'une comédie.

Le scénario joue habilement sur deux registres. La première partie du film exploite volontairement les clichés et les préjugés qui persistent à l'égard des personnes trans, avec des blagues parfois provocantes. Puis survient un virage, principalement grâce au personnage de Sarah, qui tire le récit vers une réflexion plus profonde. Les spectateurs découvrent alors, à travers les yeux de François, les microagressions quotidiennes, les agressions physiques et l'incompréhension des proches que vivent les femmes trans. Le film aborde aussi la violence systémique et l'absence de reconnaissance de la part des autorités.
Des performances solides
Louis Morissette livre ce que plusieurs considèrent comme le rôle le plus ambitieux de sa carrière. Les critiques soulignent qu'il évite la caricature et se montre étonnamment touchant dans la peau d'un homme qui renoue avec sa sensibilité. Mais c'est véritablement Pascale Drevillon qui s'impose comme la révélation du film. Son interprétation de Sarah offre les moments les plus émouvants et les plus authentiques du long métrage, et son duo avec Morissette est décrit comme particulièrement magnétique.
Autour d'eux gravite une distribution solide comprenant Robin Aubert, Rachel Graton, Geneviève Schmidt, Irdens Exantus, Mounia Zahzam et plusieurs autres. Geneviève Schmidt, qualifiée d'exceptionnelle par plusieurs observateurs, incarne une productrice narcissique avec un brio qui fait passer les situations les plus absurdes. L'une des scènes les plus marquantes du film survient lorsque le personnage de Sarah retourne voir ses parents, qui refusent d'accepter sa nouvelle identité de genre.

La réalisation de Jean-François Asselin mise sur la sobriété et la bienveillance envers ses interprètes, le tout accompagné d'une trame sonore qui inclut notamment des pièces d'Indochine et des Louanges. Le film de 91 minutes a reçu des critiques largement favorables, obtenant notamment trois étoiles et demie dans Le Devoir.
Gabrielle Boulianne-Tremblay espère que cette comédie offrira un autre visage aux personnes trans. Elle rappelle que ces dernières sont avant tout des êtres humains avec des émotions, des rêves et des besoins, et que la joie peut constituer un véritable acte de résistance. Louis Morissette, de son côté, souhaite ouvertement que le film suscite la conversation et le débat. Selon lui, le pire scénario ne serait pas la polémique, mais bien l'indifférence. Après son passage en salles, François.e sera disponible sur ICI TOU.TV EXTRA à l'automne.
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À propos de l'auteur
Rédacteur
Travailleur acharné aux multiples talents, ses plus grandes passions sont le sport ainsi que le showbizz de la belle province et ailleurs. Il travaille constamment avec beaucoup de détermination pour parvenir à se démarquer. Sa volonté et son souci du détail sont des éléments importants de son succès.
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