
" Réalisons-nous qu’on rit ainsi d’à-peu-près tous nos ancêtres "
Le Bye Bye 2025 n’a pas manqué de faire jaser, comme chaque année, et certaines caricatures ont particulièrement retenu l’attention. Parmi elles, celles visant Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec.
Si l’émission est reconnue pour son humour mordant et ses clins d’œil appuyés à l’actualité, le politicien estime toutefois qu’un sketch précis a franchi une ligne qu’il juge inappropriée.
Dans un premier temps, le Bye Bye a proposé une caricature appuyée et volontairement provocatrice du politicien, incarné par Katherine Levac dans une mise en scène évoquant la petite fille aux allumettes.

Une représentation volontairement exagérée, fidèle à l’esprit satirique de la revue humoristique. Éric Duhaime n’a d’ailleurs pas réagi avec indignation à ce segment. Au contraire, il a lui-même partagé l’extrait sur ses réseaux sociaux, y voyant une occasion de galvaniser ses partisans et de rappeler ses ambitions politiques pour l’avenir.
C’est toutefois un autre moment de l’émission qui a suscité sa véritable colère. Un sketch tournant en dérision la famille dite « traditionnelle » lui a laissé un profond malaise.
Dans un long message publié après la diffusion, Éric Duhaime explique pourquoi cette satire l’a heurté bien davantage que la caricature personnelle dont il faisait l’objet.
Le politicien rappelle que le Québec traverse actuellement une période préoccupante sur le plan démographique, avec un taux de natalité historiquement bas. Selon lui, ce contexte rend délicate toute moquerie visant les modèles familiaux traditionnels, qu’il associe à la survie et à l’épanouissement collectif du peuple québécois.
Il estime que rire de ces familles envoie un message déplacé à un moment où la société fait face à un réel enjeu de renouvellement des générations.

Dans sa réflexion, Éric Duhaime souligne ce qu’il perçoit comme une incohérence. Bien que sa propre réalité familiale soit très différente, vivant en couple sans enfant, il affirme qu’il serait impensable, et à juste titre selon lui, que la télévision publique tourne ce type de modèle en ridicule. Il va plus loin en ajoutant que certains groupes religieux ou culturels n’auraient jamais été traités de la même manière dans un sketch humoristique de grande écoute.
Pour le chef conservateur, la caricature de familles chrétiennes nombreuses, avec des rôles parentaux traditionnels, revient indirectement à se moquer de plusieurs générations qui ont bâti le Québec. À ses yeux, ces choix de vie, même s’ils ne correspondent plus à la norme actuelle, méritent le respect au même titre que tous les autres modèles familiaux.
En conclusion, Éric Duhaime appelle à une réflexion plus large sur les limites de la satire, surtout lorsqu’elle touche des sujets qu’il considère fondamentaux pour l’avenir de la société québécoise.
Sans remettre en question l’importance de l’humour et de la liberté artistique, il estime que le Bye Bye gagnerait à réfléchir à l’impact de certaines blagues. Une prise de position qui relance, une fois de plus, le débat sur la frontière entre satire, sensibilité sociale et respect des convictions, dans une émission qui continue de faire réagir bien après le 31 décembre.
Voici son message complet :
Le sketch du Bye Bye qui se moque de la famille traditionnelle me laisse perplexe.
Selon l’Institut de la statistique, le Québec enregistrait l’an dernier le taux de natalité le plus bas de son histoire, à 1,33 enfants par femme.
Notre survie et notre épanouissement comme peuple passent notamment par un retour aux familles traditionnelles et nombreuses.
Je me permets de parler de cet enjeu même si ma réalité à la maison n’a strictement rien à voir avec celle de la famille caricaturée dans la revue humoristique de fin d’année.
Gais, sans enfant, mon conjoint et moi formons ce que nos bien-pensants appellent une famille postmoderne. Personne n’accepterait que Radio-Canada plaisante au sujet de nos choix et de notre style de vie. Et c’est très bien ainsi.
La société d’état fédéral n’aurait pas non plus présenté le même sketch avec une famille d’une autre religion.
Pourquoi alors ridiculiser ces jeunes chrétiens qui choisissent librement de fonder une famille de six enfants genrés, avec un papa alpha et une maman au foyer?
Réalisons-nous qu’on rit ainsi d’à-peu-près tous nos ancêtres qui ont bâti le Québec, pendant 10 à 15 générations?
La nation québécoise a besoin, selon moi, de restaurer une culture pro-famille, plutôt que de rire de celles et ceux qui choisissent d’en fonder une «traditionnelle».
Voici le sketch en question pour celles et ceux qui aimeraient le revoir :
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