
Ils se confient sur cette troublante expérience qui les a marqués
C’est une anecdote qui glace le sang, racontée pourtant avec la complicité et l'humour qu'on leur connaît. Invités au populaire podcast Sous Écoute animé par Mike Ward, les comédiens et grands amis Isabel Richer et Christian Bégin ont levé le voile sur un chapitre sombre et surréaliste de leur jeunesse : le soir où ils ont été témoins oculaires d'un meurtre brutal, littéralement sur le pas de leur porte.
Il faut remonter à la fin des années 80. À l'époque, Isabel et Christian sont colocataires (depuis environ 1988). Ils sont jeunes, débutants dans le métier, et comme le souligne Christian avec franchise : « On était très pauvre. [...] On se challengeait beaucoup, le Kraft Dinner était "al dente" en tabarnac ».
Ce soir-là, l'ambiance était pourtant à la fête dans leur appartement. Les deux amis cuisinaient un souper de pâtes, excités à l'idée de sortir plus tard pour assister à la première du spectacle de Richard Desjardins au théâtre La Licorne. C'est alors qu'ils s'affairaient aux fourneaux que l'horreur a frappé.
Isabel Richer raconte le moment précis où tout a basculé : « On est en train de préparer le souper. D'un coup, on entend quelqu'un dans la ruelle derrière chez nous crier : "Non ! Non ! Non !" ».
Ces cris de détresse sont immédiatement suivis par le bruit de détonations. Curieux et inquiets, les deux colocataires se précipitent dehors. La scène qui se déroule sous leurs yeux dans la ruelle enneigée semble irréelle. Ils aperçoivent un homme courir, pourchassé par un autre individu cagoulé qui fait feu dans sa direction.

Christian Bégin se souvient avec précision de la sonorité particulière des coups de feu, bien loin de ce que le cinéma nous a appris : « On pense que c'est un gag parce que le son d'un gun dans la vraie vie, ça a rien à voir avec les sons qu'on entend à la télé ou dans les films. C'est sec... ça a quasiment l'air d'un son de gun à jouet ».
Malheureusement, ce n'était pas un jouet. Le tireur, que le duo n'a jamais pu identifier à cause de sa cagoule, prend la fuite après avoir atteint sa cible. La victime, blessée, tente alors de rebrousser chemin vers l'appartement des comédiens.
Christian décrit la scène tragique : « On voit l'autre gars qui s'est fait tirer... il retourne de bord, il marche, c'est l'hiver, c'est dans la neige... finalement il reste en face de chez nous. [...] Il commence à monter les marches... c'est là qu'il est mort ». Isabel et Christian ont vu le sang tomber dans la neige alors que l'homme s'effondrait dans leur escalier en colimaçon.

Pétrifiés, ils n'osent pas sortir immédiatement pour porter secours, craignant que le tueur ne soit encore dans les parages ou que la victime elle-même ne soit armée. « On n'est pas allé parce que tu ne sais pas, le gars cagoulé, où est-ce qu'il est... Tu ne sais même pas s'il nous a vus le voir », explique Christian.
Dès qu'ils composent le 911, leur appartement devient le centre d'un tourbillon médiatique et policier. Selon Isabel, la rapidité d'intervention des médias était stupéfiante : « TQS était dans notre salon 15 secondes après ».
L'arrivée des forces de l'ordre fut tout aussi intense. Les policiers ont investi les lieux lourdement armés, traitant initialement les deux témoins comme des suspects potentiels. « Eux autres, quand ils rentrent à la maison, ils sont vingt là, puis ils ont des guns ! Faut leur expliquer que c'est pas nous autres, que ça s'est passé dans la ruelle », relate Bégin.

Un détail absurde de cette perquisition est resté gravé dans la mémoire d'Isabel. Un policier leur a demandé s'il pouvait fouiller la salle de bain, ce qui l'a laissée perplexe : « Qu'est-ce qu'il pensait trouver dans la salle de bain ? Je sais pas... peut-être que j'aurais caché l'arme dans le bol de toilette comme dans les films ».
Le lendemain, le choc s'est propagé à leurs familles. Le Journal de Montréal rapportait le meurtre en publiant l'adresse exacte du drame — l'adresse de Christian et Isabel. La mère de Christian a eu la peur de sa vie en lisant le journal, croyant que son fils ou Isabel avait été tué.
Avec le recul, Christian Bégin a réussi à transformer ce drame en une anecdote culinaire teintée d'humour noir. Ils ont appris plus tard que la victime s'appelait Richard Tremblé, un homme qui devait témoigner dans une affaire de drogue. La sauce à spaghetti qu'ils cuisinaient ce soir-là a hérité d'un nom bien particulier. Comme le confie Bégin : « J'ai baptisé la sauce du nom de la personne... c'est la sauce Richard Tremblé ».
Voyez l'épisode au complet de Sous Écoute avec Christian Bégin et Isabelle RIcher:
Une histoire incroyable qui témoigne de la solidité de l'amitié entre ces deux artistes, unis par les années de vache maigre et, visiblement, par les scènes de crime. Bonne écoute de... Sous Écoute!
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Cet article pourrait avoir été rédigé à l'aide de certains outils d'IA.