
Patrick Huard a travaillé gratuitement et a dû gérer un départ surprise à 20 jours du tournage.
La franchise cinématographique la plus populaire de l'histoire du Canada revient sous forme de série télévisée, mais le chemin pour y arriver a été semé d'embûches que personne n'avait anticipées. Patrick Huard, le créateur et acteur principal derrière Bon Cop Bad Cop, s'est ouvert comme rarement lors de son passage à Tout le monde en parle ce dimanche, dévoilant les sacrifices personnels et les obstacles majeurs qu'il a dû surmonter pour donner vie à ce projet ambitieux qui débarque sur Crave le 7 mai prochain.
La nouvelle avait fait grand bruit l'été dernier : Colm Feore, l'interprète original du policier anglophone Martin Ward dans les deux longs métrages cultes, ne serait finalement pas de la partie pour la version sérielle. Patrick Huard a enfin levé le voile sur les circonstances exactes de ce départ, révélant que Feore s'était retiré à peine vingt jours avant le début des tournages en raison d'un conflit d'horaire avec une autre production. Un véritable coup de massue pour Huard, qui préparait ce projet depuis des années.

L'acteur-réalisateur a confié avoir vécu un tourbillon d'émotions en apprenant la nouvelle, mais n'avoir jamais envisagé d'abandonner le navire. Il a même passé ses nuits à réécrire des scénarios alternatifs au cas où il n'aurait pas trouvé de remplaçant pour le personnage de Ward. Heureusement, le destin lui a envoyé Henry Czerny, acteur torontois reconnu internationalement pour ses rôles dans la saga Mission: Impossible aux côtés de Tom Cruise. Selon Huard, la complicité entre les deux hommes s'est installée dès le deuxième jour de tournage, comme s'ils avaient toujours travaillé ensemble. Il a décrit Czerny comme un acteur d'une grande simplicité et d'une générosité remarquable, affirmant que toute l'équipe était tombée sous son charme.
Mais le remplacement de Feore n'est pas le seul sacrifice qu'a dû consentir Huard pour concrétiser sa vision. Dans un contexte où l'industrie télévisuelle québécoise traverse une crise financière marquée par des coupes budgétaires importantes, l'artiste a révélé avoir remis l'intégralité de ses cachets dans la production. Ses salaires de réalisateur, de scénariste, d'acteur et de producteur ont tous été réinvestis dans la série. Sans ce geste, la production n'aurait tout simplement pas pu voir le jour, a-t-il admis sans détour. Deux années de travail bénévole pour un projet qui lui tenait visiblement à cœur plus que tout.

Cette nouvelle mouture de Bon Cop Bad Cop se déploie en six épisodes d'une heure et transporte ses personnages dans un univers complètement différent de celui des films. L'histoire débute alors que David Bouchard, suspendu après une arrestation qui a mal tourné, est envoyé en Gaspésie avec sa fille Gabrielle pour enquêter sur la disparition mystérieuse d'un chef autochtone. Martin Ward se retrouve lui aussi mêlé à l'affaire lorsque des intérêts fédéraux entrent en jeu. Un projet de pipeline controversé qui divise la communauté, des rivalités politiques locales et une méfiance profonde envers les forces de l'ordre viennent compliquer une enquête déjà explosive.
Patrick Huard a tenu à aborder les réalités autochtones avec le plus grand respect et la plus grande authenticité possible. Pour ce faire, il s'est entouré de collaborateurs issus de ces communautés à chaque étape du processus créatif, notamment l'auteur-coordonnateur Premières Nations Quentin Condo. La distribution reflète cette volonté d'inclusion avec la présence de Joshua Odjick dans le rôle d'un policier micmac de Gesgapegiag, ainsi que Wayne Charles Baker, Josée Bourgeois, Brenda Odjick et Liam Condo.

La série réunit également un impressionnant casting francophone et anglophone comprenant Sarah-Jeanne Labrosse, Christine Beaulieu, Robin-Joël Cool, Antoine Vézina et Karl-Antoine Suprice. Le format télévisuel permet à Huard d'approfondir ses personnages et d'en introduire de nouveaux, tout en conservant l'ADN de la franchise : le choc des cultures, des personnalités et des langues, enrichi cette fois par un conflit générationnel entre les vieux policiers et la relève. La réalisation est partagée entre Huard, Podz, Miryam Bouchard et Anik Jean, cette dernière signant aussi la musique originale.
Les deux premiers épisodes seront disponibles dès le 7 mai sur Crave, suivis d'un nouvel épisode chaque semaine. Un documentaire exclusif réalisé par Anik Jean, intitulé Bon Cop Bad Cop : Histoire de familles, plongera les spectateurs dans les coulisses du tournage à compter du 4 juin. L'équipe promet par ailleurs que les nouveaux spectateurs n'ayant jamais vu les films pourront embarquer sans problème dans l'aventure dès le premier épisode.
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